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RDC : L’INPP inaugure le tout premier atelier de formation en maintenance des engins lourds à Lubumbashi

Une étape importante vient d’être franchie dans le développement de la formation professionnelle en République Démocratique du Congo (RDC).
L’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP) a inauguré ce mercredi à Lubumbashi le tout premier atelier national consacré à la formation en maintenance des engins lourds et des véhicules commerciaux.
Cette initiative, mise en œuvre dans le cadre du Projet d’Appui à la Formation et à l’Emploi Qualifié (PAFEQ), constitue une avancée majeure dans la valorisation du capital humain et le renforcement des compétences techniques des jeunes Congolais.
Un projet structurant pour l’avenir de la formation technique
La cérémonie d’inauguration s’est tenue en présence du ministre national du Travail et de l’Emploi, Ferdinand Massamba wa Massamba, du représentant résident de l’ONUDI, M. Raymond Tavares, de l’ambassadeur de Suède en RDC, Joakim Vaverka, ainsi que de plusieurs représentants du gouvernement, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers, et de la société civile.
Fruit d’un partenariat public-privé entre la RDC, le gouvernement suédois, l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) et des entreprises partenaires telles que Volvo, Epiroc et SMT, ce centre vient répondre à un besoin croissant de formation technique qualifiée dans les domaines de la maintenance des engins lourds et des véhicules commerciaux.

Le PAFEQ vise à élargir l’accès à des formations certifiantes pour les jeunes, femmes et groupes vulnérables, mais aussi pour les techniciens déjà en emploi, notamment dans les secteurs de la construction, du transport et de l’industrie minière, où la demande en main-d’œuvre qualifiée est en forte croissance, particulièrement dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba.
« Ces infrastructures traduisent la volonté de l’INPP de faire du capital humain congolais un moteur de notre émergence nationale », a déclaré Godefroy Tshimanga, Directeur général de l’INPP.
Un centre d’excellence moderne et immersif
Le nouvel atelier est équipé de matériels pédagogiques de pointe et d’un environnement immersif reproduisant les conditions réelles de travail des techniciens et mécaniciens.
Les installations comprennent plusieurs salles spécialisées : moteur et transmission, hydraulique et pneumatique, électricité et électronique, ainsi que des laboratoires techniques et salles de cours théoriques.
Cette approche intégrée vise à développer des compétences pratiques directement applicables sur le terrain, positionnant le centre comme un pôle d’excellence pour la formation et la certification technique.
Chaque année, 100 apprenants bénéficieront des formations, dont 10 à 15 % de jeunes femmes et de personnes issues de milieux vulnérables. D’ici 2027, environ 300 jeunes auront été formés, renforçant leur employabilité dans des secteurs clés pour la croissance économique du pays.
Des partenaires techniques engagés
Le développement de ce centre a été rendu possible grâce à l’engagement du secteur privé. Les entreprises Epiroc, Volvo et SMT ont investi plus de 2,2 millions USD en équipements modernes et en formations destinées aux formateurs de l’INPP.
Ces formateurs ont bénéficié de programmes d’apprentissage dans plusieurs pays, dont Dubaï, le Maroc, la Zambie et la RDC, garantissant ainsi un transfert de compétences durable conforme aux standards internationaux.
« Investir dans la formation technique, c’est investir dans les personnes qui font avancer l’industrie », a souligné Veronic Mumba, responsable régionale du marketing et de la communication chez Epiroc.
Pour sa part, Raymond Tavares, représentant résident de l’ONUDI, a rappelé l’importance de cette collaboration :
« Cette initiative permettra aux entreprises de bénéficier de profils qualifiés, tout en offrant aux jeunes Congolais la possibilité d’accéder à des emplois dignes et durables. »
Un modèle de coopération exemplaire
Le PAFEQ illustre la pertinence d’une approche intégrée du développement, reposant sur la coopération entre bailleurs, gouvernement et secteur privé. Le projet que nous inaugurons aujourd’hui est un exemple concret de cette coopération fructueuse. Il illustre comment une vision partagée, un partenariat solide et un engagement commun peuvent produire des résultats tangibles.
« Au-delà de la construction de ce bâtiment, c’est avant tout un investissement dans la jeunesse congolaise que nous célébrons aujourd’hui. Ce centre de formation n’est pas seulement un lieu d’apprentissage : il est un espace d’espoir, un levier d’employabilité et un moteur de développement économique pour la région et le pays tout entier. Je souhaite également encourager un dialogue constructif et permanent entre les acteurs publics, privés et institutionnels, afin de favoriser une meilleure insertion professionnelle des jeunes formés et de garantir la pérennité des résultats obtenus. », a déclaré Joakim Vaverka, ambassadeur de Suède en RDC.

Le diplomate a également salué le potentiel de réplication de cette expérience :
« La synergie des efforts, la coordination efficace et la mutualisation des ressources seront les clés pour transformer ce projet en un modèle de réussite durable, capable d’inspirer d’autres initiatives similaires à travers la RDC. »
Une priorité gouvernementale pour l’emploi des jeunes
Le ministre du Travail et de l’Emploi, Ferdinand Massamba wa Massamba, a souligné le rôle stratégique de cette infrastructure dans la politique nationale de l’emploi :
« Ces infrastructures replacent l’INPP au centre de la stratégie nationale pour l’amélioration de l’employabilité des jeunes. Elles contribueront à réduire la dépendance à la main-d’œuvre étrangère et à renforcer les compétences locales dans les secteurs stratégiques. »

Le Ministre a également salué le rôle catalyseur du gouvernement suédois, de l’ONUDI et des entreprises partenaires, tout en réaffirmant l’engagement de l’État congolais à soutenir la formation professionnelle comme levier du développement durable.
Former aujourd’hui pour bâtir la prospérité de demain
Au-delà des compétences techniques, le Directeur général de l’INPP a souligné la dimension sociale du PAFEQ, qui contribue à la stabilité économique et à la paix sociale dans les zones minières en offrant aux jeunes des perspectives d’emploi et d’autonomie.
« Investir dans la formation professionnelle, c’est investir dans la paix sociale, la dignité humaine et la stabilité régionale », a conclu Godefroy Tshimanga.
Rappelons que le PAFEQ est financé par le gouvernement suédois, que l’infrastructure a été réalisée sur fonds propres de l’INPP, équipée par Volvo, SMT et Epiroc, et mise en œuvre par l’ONUDI.

Le centre de Lubumbashi se positionne désormais comme un symbole fort de la coopération internationale et de la transformation du système de formation professionnelle en RDC, illustrant la volonté collective de bâtir un Congo tourné vers l’excellence, l’innovation et la compétitivité.
E. M






















