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RDC : Plus de 2 milliards USD attendus de la TVA en 2026

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Dans le projet de loi de finances pour l’exercice 2026, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo table sur une mobilisation accrue des recettes issues de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Les impôts sur les biens et services, essentiellement constitués de la TVA, sont projetés à 5.822,1 milliards de francs congolais (CDF), soit 28,7 % de l’ensemble des recettes fiscales attendues.

Au taux de change budgétaire, ce montant équivaut à plus de 2 milliards de dollars américains, confirmant le rôle central de la TVA dans le financement du budget de l’État.

Instituée en RDC en 2012 en remplacement de l’impôt sur le chiffre d’affaires, la TVA est un impôt indirect prélevé sur la consommation. Elle s’applique à la plupart des biens et services produits ou consommés sur le territoire national, à chaque étape du circuit économique, mais n’est effectivement supportée que par le consommateur final.

Les entreprises jouent, quant à elles, le rôle de collecteurs pour le compte de l’État, en reversant la différence entre la TVA facturée à leurs clients et celle qu’elles ont payée à leurs fournisseurs.

Dans la structure des recettes fiscales congolaises, la TVA demeure l’un des impôts les plus productifs, aux côtés de l’impôt sur les bénéfices et profits (IBP) et des droits de douane.

Les projections pour 2026 traduisent la volonté des autorités d’améliorer le rendement de cet impôt, considéré comme relativement plus stable et moins sensible aux fluctuations conjoncturelles que les recettes tirées des ressources naturelles.

L’augmentation attendue des recettes de la TVA s’inscrit dans un contexte de réformes structurelles de l’administration fiscale.

En décembre 2025, le Gouvernement a officiellement lancé la mise en œuvre de la facture normalisée, un dispositif visant à renforcer la traçabilité des opérations économiques et à lutter contre la fraude et l’évasion fiscale.

La facture normalisée impose aux assujettis à la TVA l’utilisation de factures sécurisées, émises via des systèmes agréés et interconnectés à l’administration fiscale. Cette réforme permet à la Direction Générale des Impôts (DGI) de disposer de données en temps réel sur les transactions, d’élargir l’assiette fiscale et d’améliorer le contrôle du recouvrement de la TVA.

Outre la facture normalisée, d’autres mesures accompagnent cette dynamique, notamment la digitalisation progressive des procédures fiscales, le renforcement des contrôles, l’élargissement de la base des contribuables et la rationalisation de certaines exonérations fiscales.

La TVA est payée indirectement par tous les consommateurs, dès lors qu’ils achètent un bien ou un service soumis à cet impôt. Son taux normal en RDC est fixé à 16 %, même si certains produits de première nécessité et services spécifiques bénéficient d’exonérations ou de taux particuliers, conformément à la législation en vigueur.

Pour l’État, la TVA présente l’avantage de reposer sur une assiette large, couvrant l’ensemble de l’économie formelle. Toutefois, son efficacité dépend largement du niveau de formalisation des activités économiques et du civisme fiscal des opérateurs.

Les prévisions de plus de 5.800 milliards de CDF de recettes issues de la TVA en 2026 constituent un signal fort pour les finances publiques congolaises. Elles traduisent l’ambition du Gouvernement de réduire la dépendance aux financements extérieurs et d’accroître la mobilisation des ressources internes.

Mitterrand MASAMUNA

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