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RDC-Rwanda : le Trésor américain sanctionne Gold Refinery LTD pour son rôle dans le trafic d’or congolais

Les États-Unis accentuent la pression sur les réseaux impliqués dans le commerce illicite des minerais de l’Est de la République démocratique du Congo.
Le département du Trésor américain a annoncé, le jeudi 25 juin 2026, de nouvelles sanctions contre la raffinerie Gasabo Gold Refinery LTD, installée à Kigali, ainsi que contre plusieurs dirigeants et entreprises rwandaises accusés d’avoir facilité le trafic d’or provenant des zones sous contrôle de l’AFC/M23.
Selon le Trésor américain, au moins 60 kilogrammes d’or, représentant plusieurs millions de dollars, auraient été acheminés au début de l’année 2026 depuis le Sud-Kivu vers cette raffinerie sous l’escorte des Forces de défense rwandaises (RDF), avant d’être raffinés puis intégrés aux circuits commerciaux internationaux.
Les sanctions visent également Jean Malic Kalima, président de Gasabo Gold Refinery, Bosco Kayobotsi, directeur général de l’entreprise, ainsi que trois sociétés minières rwandaises contrôlées par Jean Malic Kalima.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré : « Les États-Unis ne permettront pas à des groupes hors-la-loi de profiter du commerce illicite de minerais et de déstabiliser la région. »
Il a ajouté : « Les richesses minières de la République démocratique du Congo appartiennent légitimement au peuple congolais. »
Cette décision intervient alors que les inquiétudes autour des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques s’intensifient.
Dans un rapport rendu public en juin 2026, Global Witness indique que les exportations officielles de coltan du Rwanda ont bondi de 150 % entre 2021 et 2025, tandis que plus de 120 tonnes de coltan auraient traversé chaque mois la frontière entre la RDC et le Rwanda entre mai et octobre 2024.
L’organisation estime qu’au moins 1.400 tonnes de minerai ont quitté illégalement la RDC après la prise de contrôle de Rubaya par le M23.
Selon Global Witness, la mine de Rubaya représente à elle seule près de 15 % de l’approvisionnement mondial en tantale, un métal stratégique indispensable à la fabrication des smartphones, ordinateurs et équipements électroniques.
S’appuyant sur des estimations des Nations Unies, l’ONG estime également que les taxes prélevées sur cette exploitation procureraient environ 800.000 dollars par mois au M23.
Au-delà de la portée judiciaire, ces sanctions renforcent la pression internationale en faveur d’une meilleure traçabilité des minerais stratégiques issus de la région des Grands Lacs, glisse un observateur de la diplomatie économique et minière.
Les sanctions, à l’en croire, pourraient également conduire les industriels, les raffineurs et les fabricants d’équipements électroniques à renforcer leurs procédures de contrôle afin d’éviter que des minerais liés au conflit n’intègrent les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Flory MUSISWA
























