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RDC : Salaires et taux de change, le Gouvernement rassure

ANALYSE-Le débat sur le paiement des fonctionnaires prend une tournure plus économique que politique.
À Kinshasa, l’Exécutif national assure que les retards observés en janvier 2026 relèvent d’ajustements techniques liés au premier trimestre budgétaire. Mais sur le terrain, la question reste sensible.
Une opinion évoque un non-paiement dû à la baisse du taux de change du dollar, passé de 2800 à 2200 francs congolais, ce qui aurait mécaniquement réduit les recettes publiques libellées en monnaie nationale.
Selon cette lecture, l’État encaisserait moins de francs pour chaque dollar perçu, comprimant ainsi ses marges de trésorerie.
Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, rejette cette interprétation. Selon lui, les salaires sont budgétisés en francs congolais et inscrits dans la loi des finances ; ils ne dépendent pas directement des fluctuations du dollar. Il note que les glissements constatés en janvier 2026 résultent des mécanisations annuelles, des mises à jour administratives et du recalibrage des lignes budgétaires.
D’après le Ministre, les personnels prioritaires ont été payés avant le 28 janvier 2026 et les opérations seront entièrement clôturées dans les prochains jours.
Ont notamment pris part à cette réunion de la conjoncture économique le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso, le Ministre du Budget, Adolphe Muzito, ainsi que le Ministre des Mines, Louis Watum. Une configuration qui traduit la volonté d’afficher une cohérence macroéconomique : stabilité monétaire, discipline budgétaire et continuité de la dépense sociale.
Plusieurs experts saluent cette approche coordonnée. Ils estiment que la clarification publique était nécessaire pour contenir la spéculation et préserver la crédibilité financière de l’État. Selon eux, rappeler que la masse salariale est votée en monnaie nationale est un point fondamental dans un contexte de volatilité du taux de change.
Mais ces mêmes analystes s’interrogent sur la soutenabilité réelle des flux de trésorerie. Si les recettes en dollars converties à un taux plus bas réduisent effectivement la contre-valeur en francs, l’équilibre budgétaire pourrait-il être sous tension à court terme ? Les retards observés ne traduisent-ils qu’un simple ajustement technique, ou révèlent-ils des frictions plus profondes dans la chaîne de dépenses ?
Au-delà des équilibres macroéconomiques, la question sociale demeure. Qu’en est-il des agents qui affirment ne pas avoir encore perçu leur rémunération ? Comment vivent-ils ces délais, même qualifiés de temporaires par les autorités ? Dans un contexte sécuritaire fragile et marqué par une pression sur le pouvoir d’achat, la perception du terrain peut rapidement contredire le discours institutionnel.
Le Gouvernement maintient que la situation est sous contrôle et que les engagements seront tenus. Les économistes, eux, attendent les chiffres consolidés d’exécution budgétaire.
Entre assurance officielle et réalité quotidienne des fonctionnaires, la crédibilité se jouera dans la régularité des paiements à venir.
Flory MUSISWA






















