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Serge Mumbu à DMW : « A quoi sert de produire des millions de dollars si, autour des sites miniers, la pauvreté persiste ?

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La 21e édition de DRC Mining Week a posé des fondements pour des réflexions plus pragmatiques et emphatiques. Des réflexions autour de l’impact des sociétés minières sur les communautés environnantes.

Serge Mumbu, Directeur Général de Target SARL a pris part aux trois jours d’échange, de réseautage, de réflexion de cette messe minière.

A son avis, l’heure n’est plus à l’étalage des chiffres vertigineux autour de la production de minerais de la République Démocratique du Congo. Mais il est temps de mesurer l’impact causé par ces entreprises minières implantées en RDC.

« Ce qui m’a le plus marqué, c’est que je constate que, de plus en plus, les acteurs du secteur minier prennent conscience de certaines réalités. Pendant longtemps, on s’est surtout focalisé sur les statistiques de production, les volumes extraits ou les performances économiques. Aujourd’hui, je remarque qu’il y a aussi une réflexion plus humaine, plus empathique. Les acteurs commencent à se poser une question essentielle : à quoi sert de produire des millions de dollars si, autour des sites miniers, la pauvreté persiste ? », a-t-il indiqué.

Il pense que cette prise de conscience est une évolution importante. Il appelle également à une réflexion autour du climat des affaires.

« J’ai également observé, au fil de mes expériences dans plusieurs pays africains, que les entreprises minières ne souhaitent plus qu’on leur demande uniquement d’assumer des responsabilités sociales. Certes, elles ont des obligations en la matière, mais elles souhaitent également que l’on améliore le climat des affaires, la fiscalité, que l’on réduise les tracasseries administratives et que l’on crée un environnement plus favorable à l’investissement. », a-t-il renchéri.

Dans les années à venir, il serait intéressant de pouvoir mesurer les progrès réalisés depuis plusieurs années, non seulement en termes de résultats économiques, mais surtout en termes d’impact social. Il faudrait pouvoir démontrer concrètement ce que le secteur minier a apporté aux communautés afin que la population lui fasse davantage confiance.

Une autre réflexion, d’après Serge Mumbu, c’est la question autour de la transformation des minerais sur place au pays.

Cette année, l’accent est davantage mis sur la transformation de l’industrie minière plutôt que sur le simple potentiel minier.

« La transformation est effectivement une bonne chose, mais je pense qu’il faut également briser certaines idées reçues.
Nous travaillons dans le domaine des études et des enquêtes, et nous constatons qu’il existe encore beaucoup de défis liés à l’accès à l’information. Sans données fiables, il est difficile de prendre de bonnes décisions. », a-t-il fait savoir.

La transformation ne peut pas être uniquement industrielle ; elle doit également être sociale et humaine. Les décisions doivent être fondées sur des études sérieuses permettant de mieux comprendre les réalités du terrain et d’orienter efficacement les politiques des entreprises minières.

A la proposition Jeanine Mabunda de réserver un quotas bien déterminé aux femmes dans les marchés octroyés dans la sous-traitance, Serge Mumbu estime que le premier problème est le manque d’information.

« Beaucoup de jeunes femmes ne connaissent tout simplement pas les opportunités qui existent dans le secteur minier. Elles ne savent pas quelles formations suivre, quelles bourses sont disponibles ou encore quels programmes peuvent les accompagner. Il existe pourtant des possibilités de financement, des programmes de formation et des opportunités professionnelles, mais très peu d’informations leur parviennent réellement. », a-t-il expliqué.

Le deuxième problème est celui de l’encadrement.

Lorsque les femmes sont bien informées et correctement accompagnées, elles sont capables d’intégrer les universités, les écoles techniques et, ensuite, les entreprises minières.

« Personnellement, je pense que la question ne se résume pas à réserver des quotas. Le véritable enjeu est de préparer les femmes et de leur donner les moyens de saisir les opportunités qui existent déjà. Je suis chef d’entreprise et je peux témoigner que, dans le management, les femmes obtiennent souvent d’excellents résultats. Elles sont rigoureuses, organisées et très engagées. Beaucoup de dirigeants d’entreprises reconnaissent d’ailleurs que les équipes comprenant davantage de femmes fonctionnent très bien.

Il existe donc déjà un véritable vivier de talents féminins. Malheureusement, par manque d’information, de sensibilisation et parfois d’accompagnement, ce potentiel reste sous-exploité.

Le Directeur Général de Target suggère plus d’investissements dans l’information, l’orientation et la préparation des jeunes filles, leur présence dans le secteur minier augmentera naturellement.

Nadine FULA

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