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Unité nationale face à l’agression : « Les investisseurs n’aiment pas le bruit des bottes », plaide le chercheur Man David Kiala

Au lendemain de l’annonce par le Président Félix Tshisekedi d’un dialogue national inclusif, plusieurs cabinets d’analyse, centres de réflexion et chercheurs se penchent déjà sur les enjeux politiques, sécuritaires et économiques de cette initiative, présentée comme un levier de cohésion nationale face à la crise persistante dans l’Est du pays.
Le dialogue, annoncé comme « inclusif, apaisé et résolument républicain », doit désormais entrer dans sa phase de préparation. C’est dans ce contexte que le chercheur Man David Kiala Man, dans une interview accordée à Zoom-eco.net, livre une analyse qui, hormis les enjeux politiques, s’attache à replacer le dialogue dans une perspective à la fois institutionnelle, sécuritaire et économique.
Le dialogue, entre nécessité et opportunité
Pour Man David Kiala, le dialogue ne constitue ni un renoncement ni une parenthèse politique. Il répond d’abord à une urgence « Le dialogue est, à ce jour, une nécessité et à la fois une opportunité pour la RDC », explique-t-il.
Selon lui, cette nécessité découle de « l’agression dont est victime notre République depuis plus de trente ans », tandis que l’opportunité réside dans la capacité des Congolais à « discuter entre eux » afin de renforcer la cohésion nationale face aux défis sécuritaires.
L’analyste estime ainsi que l’appel du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, est une position de grandeur et de sage qu’il a toujours manifesté depuis son premier mandat : faire du dialogue un instrument de rassemblement plutôt qu’un facteur de division.
Des lignes rouges à préserver
L’expert insiste néanmoins sur les principes qui, selon lui, doivent encadrer le futur dialogue. Il prévient qu’il « ne faut pas que les dialogues soient une occasion de bouleverser l’ordre constitutionnel et de déstabiliser les institutions démocratiquement établies ».
Dans le même esprit, Man David Kiala met en garde contre toute logique de partage du pouvoir. Le dialogue, soutient-il ne doit pas devenir « une occasion de partager les gâteaux entre les acteurs politiques au détriment de notre population ». À ses yeux, l’objectif doit rester la recherche de solutions durables à la crise sécuritaire et le renforcement de l’unité nationale.
La paix, une condition sine qua non pour les investissements
L’un des apports majeurs de son analyse réside dans la dimension économique qu’il associe au dialogue.
Pour Man David Kiala, la paix est également une condition de développement.
Il résume cette idée par une formule simple : « Les investisseurs n’aiment pas le bruit des bottes. » Une image qui traduit une réalité bien connue des économistes : les capitaux se dirigent naturellement vers les environnements stables.
S’appuyant sur une célèbre citation de l’investisseur américain Warren Buffett : « Le capital va là où il est bien accueilli et reste là où il est bien traité ».
Le chercheur rappelle qu’aucun grand projet économique ne peut prospérer dans un contexte d’insécurité persistante. Tant que les armes continueront de résonner dans l’Est de la RDC, explique-t-il, les investisseurs hésiteront à engager durablement leurs capitaux.
Les Accords de Washington en toile de fond
Man David Kiala relie également cette réflexion aux Accords de Washington, qui prévoient un important volet économique autour des minerais critiques, du corridor Sakania-Lobito, du barrage du Grand Inga et de nouveaux mécanismes destinés à attirer les investisseurs.
Selon son analyse, ces engagements ne produiront leurs effets que si la stabilité politique et sécuritaire est durablement rétablie. Le dialogue national ne serait donc pas seulement un exercice de réconciliation politique ; il constituerait aussi un signal de crédibilité adressé aux partenaires internationaux et aux investisseurs appelés à financer ces projets structurants.
Flory MUSISWA
























