Banques
One Africa Banking 2026 : Fintechs, banques et États, le trio gagnant pour transformer la finance africaine

Fintechs, banques et États, c’est le trio gagnant pour transformer la finance africaine. Ce thème s’est invité au premier jour et premier panel de la 17ᵉ édition de One Africa Banking, ouvert à Kinshasa, ce jeudi 2 avril 2026.
Ce panel de haut niveau s’est penché sur une question stratégique : « Quel modèle bancaire pour bâtir une Afrique prospère ? ».
Régulateurs, banquiers et acteurs du numérique ont convergé vers une idée centrale : la transformation du système financier africain passe par une régulation adaptée, une inclusion élargie et une collaboration renforcée entre les différents acteurs.
D’entrée de jeu, Marie Gabelle Opese de l’Association congolaise des banques a insisté sur le rôle clé du régulateur dans la structuration de l’écosystème financier.
Selon elle, la responsabilité première incombe aux pouvoirs publics, appelés à mettre en place un cadre légal et réglementaire capable de rassurer et d’attirer les acteurs du secteur.
« En République démocratique du Congo, le système bancaire reste dominé par des banques commerciales orientées vers le secteur formel, laissant en marge une grande partie de l’économie informelle. Or, l’essentiel de la croissance africaine repose justement sur ces acteurs non bancarisés. D’où la nécessité de bâtir un modèle capable d’intégrer à la fois les entreprises structurées et les opérateurs informels. », a-t-elle rappelé. Elle a également plaidé pour un meilleur encadrement du développement des fintechs, devenues incontournables dans le paysage financier.
Intervenant sur le rôle des régulateurs et l’expérience marocaine, Ilhan Zainane, Directrice adjointe de la supervision bancaire chez Bank al Maghreb Maroc, a mis en avant la nécessité d’un partenariat étroit entre autorités de régulation et opérateurs.
Représentant la Banque centrale, elle a rappelé le double mandat de ces institutions, celui de garantir la stabilité du système bancaire tout en favorisant l’inclusion financière et le développement économique. Un équilibre parfois délicat à trouver, mais essentiel pour construire un système financier résilient, durable et au service des populations.
Ilhan Zainane a par ailleurs insisté sur l’importance d’intégrer des exigences prudentielles telles que la gestion des risques, la gouvernance, la transparence, la cybersécurité et la lutte contre le blanchiment des capitaux.
La question de la collaboration entre banques, opérateurs de mobile money et fintechs a également été au cœur des échanges.
À ce sujet, Khalil Al Americani, Directeur Général de Vodacash en RDC a appelé à dépasser les clivages historiques entre ces acteurs. D’après lui, le débat sur leur opposition est désormais obsolète.
Fort de l’expérience de la RDC, il a rappelé que la collaboration entre banques et opérateurs de mobile money existe depuis plus de 14 ans.
« À titre illustratif, plus de 400 millions d’euros ont été injectés vers les banques via ces partenariats, tandis que près de 90 millions de dollars ont été transférés des portefeuilles électroniques vers le système bancaire », a-t-il indiqué.
Il a également mis en avant le rôle du mobile money dans l’inclusion financière, avec environ 30 millions d’utilisateurs contre 10 millions de personnes bancarisées. Un potentiel considérable qui témoigne de la nécessité de renforcer les synergies entre les différents acteurs.
« En matière de financement, près de 120 millions de dollars de microcrédits ont été accordés, avec un taux de remboursement avoisinant les 95 %, preuve de la viabilité de ces modèles hybrides. Aujourd’hui, avec plus de 130.000 points de distribution, la collaboration entre banques et mobile money contribue activement à la digitalisation de l’économie, en particulier dans le secteur informel. Les flux financiers entre ces plateformes participent à la fluidification des paiements et au dynamisme économique. », a insisté Khalil Al Americani.
Signalons que ce panel a mis en lumière une conviction partagée : la prospérité de l’Afrique passera par un modèle bancaire inclusif, innovant et collaboratif.
Si des avancées notables sont observées, notamment en RDC, les défis restent nombreux.
L’avenir du secteur repose désormais sur la capacité des régulateurs et des acteurs privés à construire ensemble un écosystème équilibré, sécurisé et accessible à tous.
AGNES KAYEMBE






















