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RDC : Les Zones économiques spéciales privées de 22 millions USD de la Banque mondiale

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La Banque mondiale a annulé son appui supplémentaire de 22 millions de dollars américains dans le cadre du Projet de développement des pôles de croissance (PDPC).

La Banque mondiale justifie sa décision par le retard enregistré dans la mise en œuvre du projet de développement des Zones économiques spéciales en République Démocratique du Congo. Le timing convenu n’a pas été respecté par la partie congolaise.

Seul un premier acompte de 5 millions USD a été décaissé jusque- là sur un total de 27 millions USD. Ce qui, à ce jour, risque de bloquer l’opérationnalisation de la ZES pilote de Maluku dont le besoin se chiffre à 126 millions USD.

A l’Agence des Zones Economiques Spéciales (AZES), on explique que les 22 millions USD initialement destinés aux ZES a été réorienté vers un autre projet dans le domaine agricole.

« La période d’expropriation a pris beaucoup plus de temps que prévu. Ce qui a fait que le timing convenu avec la Banque mondiale pour bénéficier de ce financement a été largement dépassé. C’est ainsi que les responsables du projet PDPC – financé par la Banque mondiale – ont décidé de réorienter les fonds (22 millions USD) vers un autre projet. Pour palier à cette difficulté, le gouvernement a décidé de s’en occuper et financer sur fonds propres », a indiqué un expert.

Notons que l’objectif de développement du projet PDPC consiste à augmenter la productivité des filières et l’emploi pour des chaînes de valeur sélectionnées dans des zones cibles. La zone d’intervention du projet est localisée dans le corridor Boma-Matadi-Kinshasa.

Le projet est financé avec un don de la Banque mondiale à hauteur de 110 millions USD et comprend quatre composantes :

composante 1 : Développement des chaînes de valeur agricoles dans le Bas-Congo (48 millions USD) ;

Composante 2 : Zone économique spéciale de Maluku (27 millions USD) ;

Composante 3 : Développement proactif du climat des affaires (16 million USD) ;

Composante 4 : Coordination, contrôle, communication et évaluation des impacts (8 millions USD).

A ce jour, l’opinion s’interroge sur la capacité du gouvernement congolais à financer les Zones économiques spéciales après le désengagement de la Banque mondiale, surtout quand on sait que les autorités congolaises ont des difficultés à distinguer les priorités des accessoires. Si rien n’est fait dans le sens de faire avancer les choses, les ZES risquent de devenir un slogan, à l’instar du projet de construction de mille écoles, le projet agro industriel de Bukanga Lonzo, le projet de réhabilitation de routes de desserte agricole, la mise en service du train urbain (Kinshasa) et tant d’autres.

Alors que le président de la République ne jure que par la relance du secteur industriel de la RDC, ceux qui ont la charge de mettre en pratique cette vision futuriste de Félix Tshilombo semblent ne pas se mettre à la danse. Si non, comment comprendre qu’une initiative de la trempe des ZES soit ainsi négligée au point que personne ne se soucie du timing convenu avec la Banque mondiale pour bénéficier d’un financement si important pour le redécollage industriel du pays.

Le gouvernement est donc appelé à mettre tout le sérieux dans l’avancement de ce projet de Zones Economiques Spéciales pour espérer être compétitif. Il doit prendre les contacts et trouver les moyens nécessaires pour que le projet Zones Economiques Spéciales réussisse. Au cas contraire, les congolais n’auront que leurs yeux pour pleurer pendant que les autres pays de la région sont déjà en train de respirer un nouvel air d’industrialisation.

Une occasion de se développer

Telle que mise en œuvre par le gouvernement chinois qui en est le précurseur, la ZES est une zone géographique délimitée à l’intérieur des frontières d’un pays, où les règles économiques, fiscales et administratives sont différentes, généralement plus libérales, que celles qui s’appliquent au reste du territoire national.

En Afrique, la RDC se place à la traine en matière de mise en œuvre des zones économiques spéciales. Au Congo voisin, 73.520 hectares ont été réservés aux zones économiques spéciales qui, d’ailleurs, sont déjà opérationnelles. Au Gabon, les ZES sont déjà opérationnelles depuis plusieurs années. Elles disposent en son sein de 80 grandes entreprises. En Afrique du Nord, l’on note une floraison des zones économiques spéciales.

Face aux nombreux avantages qu’apporte une ZES, la RDC a intérêt à mieux organiser ce genre d’initiatives pour espérer donner de l’espoir à sa population.

A ce jour, six axes de création des ZES ont déjà été définis en RDC. Il s’agit de la Zone Industrielle de l’Espace Kinshasa, comprennant la Ville province de Kinshasa, le Kongo Central et l’ancienne province du Bandundu ; la Zone Industrielle de l’Espace Kasai, comprennant les provinces du Kasai, Kasai Central, Kasai Oriental, Lomami et Sankuru ; la Zone Industrielle de l’ancienne province du Katanga ; la Zone Industrielle du Grand Kivu ; la Zone Industrielle de l’ancienne province Orientale ; la Zone Industrielle de l’ancienne province de l’Equateur.

Olivier Kamo

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