Afrique
Afrique : les principaux producteurs de diamants signent un accord pour stimuler la demande mondiale du minerai

Les principaux producteurs africains de diamants réunis à Luanda, le mercredi 18 juin 2025, ont signé un accord « historique » pour stimuler la demande mondiale du minerai.
Pour la première fois, le Botswana, l’Afrique du Sud, la Namibie, la RDC et le pays hôte (Angola), ont ensemble décidé de consacrer 1 % des revenus annuels des ventes de diamants bruts au financement d’une campagne internationale de publicité en faveur des diamants naturels.
Aucun détail n’a été donné sur le budget prévisionnel de cette campagne. Les cinq pays africains signataires de l’accord ont exporté l’année dernière des diamants d’une valeur cumulée de plus de 6 milliards de dollars américains, d’après le Processus de Kimberley. 1 % de ce montant représenterait déjà plus de 60 millions de dollars.
Ces pays africains comptent à leurs côtés, le Gem & Jewellery Export Promotion Council (GJEPC), principale organisation des tailleurs et polisseurs de diamants en Inde, pays qui domine à 90 % ce segment de l’industrie.
Les autres signataires de l’accord sont De Beers, premier producteur mondial de diamants en matière de valeur, le centre de diamants d’Anvers (AWDC) et le Dubai Multi Commodities Centre.
Les fonds mobilisés par ces différents acteurs seront confiés au Natural Diamond Council (NDC) qui, à son tour, va élaborer et exécuter la campagne.
Il faudrait noter que cette campagne de pub intervient au moment où les diamants naturels font face à une concurrence croissante des pierres fabriquées en laboratoire.
« Le succès massif des diamants synthétiques (LGD) a fait baisser les prix des pierres naturelles bien au-delà de ce que l’industrie minière avait prévu, en grande partie sous l’impulsion des consommateurs qui recherchent des options plus abordables [et] une meilleure traçabilité de l’origine de leurs pierres précieuses », soulignent des analystes de McKinsey.
En 2023, près de 46 % des bagues de fiançailles vendues aux États-Unis intégraient ainsi ces diamants de laboratoire, contre seulement 12 % en 2019.
Dans ce contexte, l’Accord de Luanda veut relancer l’intérêt pour les diamants naturels, alors que les revenus des producteurs africains ont significativement baissé ces dernières années.
La coentreprise Debswana qui assure 90 % des ventes de diamants du Botswana, a enregistré par exemple une baisse de 46 % de ses ventes en 2024.
Olivier KAFORO






















