Finance
RDC–FMI : vers un collectif budgétaire record à 16 milliards USD, reflet d’une mobilisation accrue des recettes internes

La République démocratique du Congo intensifie son dialogue avec le Fonds monétaire international dans le cadre de la troisième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC).
Une réunion stratégique s’est tenue, ce jeudi 1er mai 2026, à Kinshasa entre la mission de l’institution de Bretton Woods et le Vice-Premier Ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, centrée sur l’exécution budgétaire, la trajectoire macroéconomique et la préparation d’un collectif budgétaire attendu en mai 2026.

Un programme sous surveillance technique renforcée
Cette rencontre s’inscrit dans un processus d’évaluation régulier du programme économique congolais, visant à apprécier les performances en matière de réformes structurelles, de mobilisation des recettes et de discipline budgétaire.
La mission du FMI examine notamment la qualité de la gestion des finances publiques et la crédibilité des projections macroéconomiques, éléments clés pour la poursuite du partenariat.
Les échanges techniques portent également sur l’alignement des politiques budgétaires avec les objectifs de stabilité macroéconomique, dans un contexte où le FMI souligne la résilience relative de l’économie congolaise, avec une croissance proche de 6 % et une inflation globalement maîtrisée ces derniers mois.
Un saut budgétaire inédit vers 16 milliards USD
Au cœur des discussions figure la préparation d’un collectif budgétaire ambitieux projeté à 16 milliards USD de ressources propres. Ce niveau marque une progression spectaculaire par rapport : aux 3,5 milliards USD enregistrés au point de départ du cycle actuel
et à environ 10 milliards USD atteints à la fin du précédent quinquennat.
Cette trajectoire traduit une multiplication par 4,6 des recettes internes sur la période, ainsi qu’une hausse de près de 60 % entre le dernier niveau et la cible actuelle, témoignant d’un effort soutenu de mobilisation fiscale.
Mobilisation des recettes et gouvernance en première ligne
L’amélioration des recettes internes constitue un pilier central du programme appuyé par le FMI. Les réformes engagées portent notamment sur la modernisation des régies financières,
le renforcement du contrôle fiscal,
et l’amélioration de la transparence budgétaire.
Des institutions comme l’Inspection générale des finances jouent un rôle clé dans ce dispositif, en contribuant au contrôle des dépenses publiques et à la lutte contre les fuites de recettes.
Un arbitrage attendu avant validation parlementaire
Les travaux en cours visent à affiner les hypothèses économiques et à garantir la cohérence entre les ambitions budgétaires et les équilibres macroéconomiques.
Le collectif budgétaire devra ensuite être soumis à l’arbitrage parlementaire, étape décisive pour sa mise en œuvre.
Une trajectoire ambitieuse sous contrainte d’exécution
Si les projections témoignent d’une montée en puissance des finances publiques congolaises, leur concrétisation dépendra de plusieurs facteurs :
la capacité effective de collecte des recettes,
la maîtrise des dépenses publiques,
et la poursuite des réformes structurelles exigées dans le cadre du programme.

Dans ce contexte, la troisième revue du programme FEC apparaît comme un moment charnière pour consolider la crédibilité budgétaire de la RDC et sécuriser l’appui des partenaires internationaux.
E. M






















