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Economie

Monde: L’accès au détroit d’Ormuz sous la menace iranienne

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L’Iran menace de bloquer tout accès au détroit d’Ormuz, une route essentielle pour le transit du pétrole et du gaz.

Cette alerte fait suite aux frappes américaines sur ses différents sites nucléaires.

Si cette menace était exécutée, les experts redoutent plusieurs conséquences, non seulement sur l’économie du monde entier mais aussi sur l’Iran lui-même.

Pour certains analyses économiques, « entre ses envies de vengeance, sa santé économique et ses relations diplomatiques, Téhéran doit bien peser les risques ».

Le premier scénario : conséquences sur l’Iran lui-même.

En attendant que le Conseil suprême de sécurité nationale iranien se positionne sur cette question qui relève d’intérêts majeurs, cette fermeture priverait l’Iran d’une part importante de ses rentrées financières, alors que le pays est économiquement étranglé par de lourdes sanctions. Cela risquerait de l’isoler plus encore sur la scène internationale.

L’Iran produit trois millions de barils par jour, la moitié pour la consommation du pays et le reste pour l’exportation.

Entre 80 et 90% du pétrole iranien exporté est envoyé en Chine, via le détroit d’Ormuz. En bloquant le détroit, Téhéran se priverait donc d’une manne financière très importante.

Le deuxième scénario : conséquences sur ses voisins proches.

En fermant le détroit d’ormuz, l’Iran perturberait aussi ses relations avec le sultanat d’Oman voisin. Des relations qui sont pourtant bonnes, puisque les deux États co-gèrent le détroit.
Aussi, l’Iran se mettrait à dos la Chine de Xi Jinping.

Le troisième scénario : les conséquences sur l’économie du monde.

Cette fermeture va pénaliser les pays exportateurs de pétrole de la région si jamais cette route primordiale pour leurs exportations n’était plus accessible.
C’est le cas de l’Irak, le Koweït et le Qatar qui peuvent difficilement s’en passer.

Cependant, cette fermeture n’affectera pas profondément les Émirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite qui pourraient contourner le problème grâce à leurs oléoducs.

Selon les experts, les Émirats Arabes Unis ont produit 3,3 millions de bpj de pétrole brut en avril et disposent d’un oléoduc de 1,5 million de bpj, mais dans une zone exposée à d’éventuelles attaques des Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran.

L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole avec une production d’environ neuf (9) millions de barils par jour, dispose d’un oléoduc important, avec une capacité de cinq (5) millions de bpj, qui peut gagner temporairement deux millions de bpj supplémentaires.

Une telle décision pourrait donc entraîner une hausse brutale du cours des hydrocarbures, ce qui inquiète la communauté internationale. Cela entraînerait également une perturbation dans le transport maritime et aurait donc un impact non seulement sur les marchés du pétrole, mais aussi sur celui du gaz, accentuant la tension sur les coûts de l’énergie dans les zones à forte dépendance, telles que l’Asie et l’Europe.

Les experts prévoient que si le détroit venait à être complètement fermé, le prix du pétrole pourrait grimper au-delà de 130 dollars, provoquant ainsi une inflation globale.

L’annonce a déjà provoqué une hausse de 5,7% du Brent en l’espace d’une journée. Ce scénario rappellerait la flambée des prix observée pendant la guerre en Ukraine.

Les chaînes d’approvisionnement se fragilisent, notamment pour les pays dépendants des importations énergétiques. Cette contrainte d’approvisionnement souligne une nouvelle fois la dépendance du continent africain et la fragilité prononcée de ses économies en réponse à la géopolitique énergétique internationale.

Oxford Economics estime qu’un blocage du détroit d’Ormuz pourrait entraîner une réduction de 0,3 à 0,5% du PIB mondial.

Ce qu’il faut savoir sur le détroit d’ormuz

Situé entre le golfe arabo-persique et la mer d’Oman, ce détroit est large d’environ 50 kilomètres. Et s’il est capital pour toute la planète, c’est parce que 20 % du pétrole mondial transite par lui.

C’est un détroit stratégique dans une zone très militarisée, c’est l’un des passages les plus stratégiques du monde, par où transite l’essentiel du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL), en particulier celui exporté par le Qatar. Ce pays, qui figure parmi les principaux fournisseurs à l’échelle mondiale, transporte près de 30 % du GNL mondial.

Le détroit d’Ormuz est un lieu de transit très important : 21 % de la consommation mondiale de pétrole y passe (7% de celle des États-Unis et 76 % de celle des pays asiatiques). Pour cela, ont été tracés deux chenaux de navigation qui ne font que 3,5 km de large chacun. De plus, il faut tenir compte du trafic transversal.

Rien qu’en 2024, 20 millions de barils ont transité par ce détroit chaque jour. Sa fermeture rien que pour une journée causerait un blocage, une pénurie de carburant et une augmentation immédiate de prix.

La RDC, comme les autres pays du continent, serait encore plus vulnérables avec cette fermeture.

Soulignons que l’Iran a plusieurs fois menacé de bloquer le détroit d’Ormuz mais ne l’a jamais fait car cela gênerait ses propres exportations d’hydrocarbures ainsi que celles de deux pays proches de lui, l’Irak et le Qatar.

Actuellement, tous les yeux sont tournés vers le détroit d’Ormuz qui est à nouveau au centre de l’attention internationale.

Nadine FULA

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