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Expo Japon Osaka 2025 : la RDC en quête d’Investissements directs étrangers dignes de son rang de « pays solution »

La République Démocratique du Congo (RDC) saisit l’opportunité de l’Exposition Universelle Japon Osaka 2025 pour booster ses efforts en matière d’investissements directs étrangers. Tel est le pari que se fixent les autorités du pays à travers une semaine d’activités prévues du 23 au 30 juin 2025.
Les équipes de l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANAPI) déployées sur place à Osaka mettent en oeuvre un agenda harmonisé en trois temps forts : une journée touristique et culturelle le 27 juin; la tenue d’un forum sur les investissements le 28 juin; et une journée nationale qui coincide avec la célébration de l’indépendance du pays le 30 juin 2025.
Cet événement regroupant plus de 170 pays du monde entier est une belle vitrine pour mettre en valeur le potentiel de la RDC.
Celle-ci s’y présente d’ailleurs comme « un pays solution à la transition écologique », une mention bien inscrite à l’entée du pavillon RDC établi dans le grand espace Common D sur le site d’exposition.
La stratégie du Gouvernement de la RDC consiste à mettre en avant ses atouts structurels : des réserves minérales estimées à plus de 24.000 milliards USD (dont 70 % de cobalt mondial), un accès au marché de la ZLECAf, une flore et une faune riches, et un vaste potentiel hydroélectrique encore sous-exploité (moins de 3 % du potentiel d’Inga valorisé à ce jour).
Bien plus qu’une opération de séduction des investisseurs, la présence congolaise, avec une forte délégation conduite par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, doit relever un défi majeur.
Selon les statistiques officielles, la RDC a capté à peine 1,9 milliard de dollars d’Investissements directs étrangers (IDE) en 2023 contre 2,4 milliards de dollars en 2022, soit un repli de 20,8% qui s’explique par la situation précaire due aux incertitudes liées aux conflits armés à l’Est du pays. Une situation ayant contribué à freiner l’élan des reformes structurelles, notamment foncières et fiscales avec des conséquences directes sur le climat des affaires en République Démocratique du Congo (RDC).
En 2023, d’après le Baromètre national du climat des affaires, la RDC a été créditée d’une note faible de 37/100. Un résultat interpellateur que les autorités du pays s’engagent à améliorer.
Vers une diplomatie économique plus incisive
Sous le leadership du Président Félix Tshisekedi, le pays est en pleine élaboration du «Plan stratégique Climat des affaires ». Ce document, attendu au mois de septembre 2025, devrait d’apporter des réponses concrètes face aux défis persistants auxquels est confronté le climat des affaires en République Démocratique du Congo (RDC) : « lourdeurs administratives, insécurité juridique et judiciaire, complexité fiscale et parafiscale, déficit d’infrastructures et accès limité au financement. »
« La RDC est une terre d’opportunités. Il est temps de les saisir, de transformer notre potentiel en richesses réelles et de garantir un avenir meilleur aux générations futures. », déclarait le Chef de l’Etat congolais devant un parterre d’acteurs des secteurs public et privé, ainsi que les partenaires techniques et financiers de la RDC, lors de la cérémonie de publication des résultats de l’enquête du Baromètre national du climat des affaires (BNCA), en 2023.
Selon le récent rapport de la Banque mondiale « Foreign Direct Investment in retreat » publié le 16 juin 2025, sur la période 2012-2023, dix pays -dont la Chine, le Brésil et l’Inde- ont capté, à eux seuls, les deux tiers des IDE destinés aux économies en développement.
L’Afrique, elle, reste en marge, les flux se concentrant principalement dans les grandes économies du continent (Nigéria, Afrique du Sud, Egypte), alors que les 26 pays les moins avancés n’ont mobilisé que 2% des investissements.
En outre, le rapport renseigne qu’une mise en oeuvre complète de la Zlecaf pourrait faire grimper les IDE sur le continent de 85% en provenance des pays africains eux-mêmes, et de 120% depuis le reste du monde.
Pour les experts, la RDC est appelée à transformer sa visibilité à Osaka en levier de transactions économiques de manière à traduire le potentiel du pays en projets d’investissements concrets.
L’Exposition universelle Japon Osaka 2025 s’étale du 13 avril au 13 octobre 2025. Elle se tient dans un contexte où la résilience de l’économie mondiale est mise à rude épreuve suite aux tensions hégémoniques entre les Etats-Unis et la Chine; aux clivages idéologiques apparents entre les blocs G7 et BRICS; et aux pressions liées notamment à la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
E.M
























