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Economie

Monde : les Etats-Unis absorbent 500.000 tonnes de cuivre

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Le nouveau narratif imprimé dans tous les grands bureaux des affaires aux États-Unis est activé. Il s’agit de « Copper Boom: The New Gold Rush ».

Une ruée sans précédent sur le cuivre secoue le marché mondial.

Sous l’effet de la menace de nouveaux tarifs douaniers sur les importations de métaux stratégiques, les États-Unis captent massivement les stocks disponibles, provoquant un déséquilibre qui redessine les flux commerciaux.

D’après le négociant Mercuria Energy Group, environ 500.000 tonnes de cuivre sont en route vers le pays, soit sept fois le volume d’importation mensuel habituel.

Une prime record, un marché sous pression

Face à cette frénésie d’achats, le prix du cuivre aux États-Unis s’est envolé, creusant un écart inédit avec les autres marchés. La tonne y dépasse désormais de plus de 1.400 dollars son cours ailleurs dans le monde.

Cette prime massive attire l’offre, détournant des cargaisons destinées à d’autres places stratégiques, notamment la Chine. Or, avec une consommation dépassant 13 millions de tonnes par an, Pékin voit ses stocks se contracter, ce qui pourrait impacter son industrie manufacturière et technologique.

« Nous pensons qu’il se passe quelque chose d’exceptionnel sur le marché du cuivre. Est-il déraisonnable d’envisager un prix à 12.000 ou 13.000 dollars la tonne ? J’ai du mal à fixer un plafond, car une telle situation ne s’est jamais produite. », souligne Kostas Bintas, trader chez Mercuria.

L’Afrique, fournisseur clé mais spectatrice endormie ?

Si la demande explose et que les opportunités de profit se multiplient pour les négociants et spéculateurs, les pays producteurs africains, eux, restent en marge de ces gains extraordinaires.

La République Démocratique du Congo (RDC), la Zambie et la Namibie figurent parmi les principaux fournisseurs mondiaux, mais leur capacité à capter cette manne financière dépend largement de la structure de leurs contrats et de leur degré d’intégration dans la chaîne de valeur, soulignent les experts du secteur.

En 2024, la RDC a exporté plus de 3 millions de tonnes de cuivre, un record historique. Pourtant, la fixation des prix dépend des indices mondiaux et des contrats à long terme conclus avec des traders internationaux, souvent basés en Suisse ou à Londres. Cette dépendance empêche les pays africains de profiter pleinement des pics de prix, laissant l’essentiel des marges entre les mains des intermédiaires.

Quel avenir pour le cuivre africain ?

Pour les observateurs des enjeux miniers, Ce choc sur le marché du cuivre illustre une fois de plus le déséquilibre structurel entre producteurs et acheteurs.

Si la tendance haussière se maintient, les pays africains pourraient exiger des révisions contractuelles ou des mécanismes plus dynamiques d’indexation des prix.

À plus long terme, l’enjeu reste le développement d’une industrie locale de transformation, afin de capturer une plus grande part de la valeur ajoutée du métal rouge.

En attendant, la flambée du cuivre profite avant tout aux grandes plateformes de négoce et aux États-Unis, tandis que les producteurs continuent d’exporter leur richesse minière sous forme brute, à des conditions souvent figées en amont. Une équation qui, sans réformes structurelles, risque encore longtemps de priver l’Afrique de l’essentiel des bénéfices liés à ses ressources naturelles.

Flory Musiswa

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