Economie
RDC : 22,3 millions USD certifiés au T4-2025, l’État inverse la courbe des manques à gagner des pétroliers

La République Démocratique du Congo (RDC) enregistre un signal budgétaire fort dans le secteur pétrolier.
Selon un communiqué du ministère de l’Économie nationale, la certification des Pertes et Manques à Gagner (PMAG) de la zone Ouest pour le quatrième trimestre 2025 fait apparaître un gain net de 22,31 millions de dollars américains en faveur de l’État, sur la période allant du 1ᵉʳ octobre au 31 décembre 2025.
Cette certification, entérinée lors de la réunion du Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) tenue le mardi 10 février 2026, marque un tournant stratégique.
Le ministère souligne que ces résultats « traduisent la sortie progressive du long cycle des manques à gagner historiquement observés dans le secteur pétrolier », au profit d’une dynamique désormais génératrice de gains pour le Trésor public.
Sur le plan technique, ces performances reposent sur l’évolution favorable de plusieurs paramètres clés : le prix moyen frontière commercial, les volumes certifiés par le ministère des Hydrocarbures et le taux de change officiel publié par la Banque Centrale du Congo. Autrement dit, la gouvernance des données et la discipline des mécanismes de fixation des prix commencent à produire des effets mesurables.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est structurel. Le communiqué met en avant une réforme de fond : le secteur pétrolier congolais évolue désormais vers « un mode de gestion plus autonome, avec l’accompagnement du système bancaire, sans recours au financement du Trésor public ». Cette orientation réduit la pression budgétaire et renforce la soutenabilité des finances publiques.
La tendance devrait encore s’améliorer.
La rupture observée dans la zone Ouest, longtemps défavorable à l’État, est appelée à se consolider avec la certification attendue des PMAG des zones Sud et Est, traditionnellement génératrices de gains.
Pour les analystes, cette séquence est stratégique : elle combine assainissement, transparence et vérité des prix, tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs.
En clair, l’État ne subventionne plus à perte ; il pilote. Une évolution qui redonne de la crédibilité à la régulation pétrolière et ouvre un nouvel espace de manœuvre économique pour la République Démocratique du Congo.
Flory MUSISWA






















