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RDC: premier Sommet »Nkelo Bantu », Djo Moupondo satisfait des ponts jetés pour consolider le dialogue social entre employeurs et employés !

Le premier Sommet »Nkelo Bantu » s’est clôturé, le samedi 3 octobre 2020, au bout de 48 heures de travaux, sur une note satisfaisante. C’est le sentiment partagé par le Directeur général de SODEICO Développement, Djo Moupondo à la fin des assises. Ce dernier pense avoir réalisé ses objectifs en ce sens que le dialogue social a été établi entre employeurs et employés au cours des conférences enrichissantes et des ateliers constructifs.
»Nous avons eu un programme très ambitieux, en deux jours, je pense qu’au point de vue discussions et échanges, nous avons remarqué que les gens en avaient besoin, les gens parlaient, des panels qui étaient d’une heure faisaient une heure et demie parce que les gens voulaient échanger », a-t-il indiqué dans une interview accordée à Zoom Eco.
Côté échanges et discussions, le premier sommet »Nkelo Bantu » a gagné le pari. Cependant, Djo Moupondo, également en charge de développement et de la stratégie au sein du Groupe SODEICO, met un petit bémol. Il pense qu’au plan des solutions, le combat des organisateurs reste encore entier parce qu’il faut continuer à discuter, commente-t-il.
Le directeur du sommet a désormais le regard tourné vers l’avenir. »Notre objectif, c’est de continuer à discuter tout le long de l’année 2021 et au prochain congrès, dont la date reste à déterminer, pour qu’on puisse avoir certaines solutions sur des questions ou thématiques ayant été soulevées lors du premier Sommet »Nkelo Bantu », a-t-il expliqué.
En deux journées d’activités, les échanges ont été danses dans deux tables rondes, notamment celles concernant les entreprises de placement privées et la thématique de la »Diaspora Act ».
Table ronde sur les entreprises de placement privées
D’abord, au cours de la table ronde sur les entreprises de placement privées, les délégués ont passé en revue l’ensemble des problèmes qui minent leur secteur d’activités. Le monde de la sous-traitance fait l’objet de multiples critiques. En effet, il est observé que les entreprises congolaises ne profitent pas de la relance économique et que le monde des affaires appartient essentiellement aux étrangers.
Des analyses vont plus loin en disant que cette situation ne laisse pas d’espace aux entreprises congolaises à capitaux congolais constituées principalement des petites et moyennes entreprises. A titre illustratif, nombre d’employés en mode »sous-traitance » se plaignent du caractère minimaliste de leur traitement salarial.
Aussi, plusieurs voix s’élèvent pour stigmatiser un marché de sous-traitance captée en majorité par des entreprises et une main d’œuvre étrangères. Face à cette vague de critiques, Djo Moupondo estime que le sommet »Nkelo Bantu » a été l’occasion pour les entreprises de placement privé d’afficher leur unité pour prospecter ensemble les possibilités de développer leur secteur d’activités.
La »Diaspora Act », opportunité coincée
L’autre table ronde ayant galvanisé l’attention des participants est celle qui a porté sur la »Diaspora Act ». Il s’agit de la volonté exprimée d’offrir des facilités aux congolais de la diaspora de revenir au pays, soit pour y travailler ou pour investir.
Sur cette question, les organisateurs font remarquer qu’il est démontré que la plupart des congolais établis à l’étranger abandonnent la nationalité congolaise au profit de celle de leur pays d’accueil. Ce nouveau statut les astreint à suivre des procédures en vigueur comme étrangers s’ils veulent trouver une embauche ou entreprendre en République démocratique du Congo.
C’est un vrai parcours de combattant pour les congolais de la diaspora. Ainsi, le marché de l’emploi connaît un réel handicap dans la mesure où le potentiel que représentent les congolais de la diaspora est mis en berne.
» Nous avions mis face-à-face acteurs de la diaspora et juristes pour essayer de voir comment nous pouvons assurer une meilleure insertion des congolais de la diaspora en tant que congolais et non pas comme étrangers, et surtout leur permettre de revenir investir en République démocratique du Congo », a indiqué le Directeur de SODEICO.
Selon Djo Moupondo, leurs démarches s’étendront auprès des autorités pour pister des solutions durables sur cette question cruciale. En effet, le Gouvernement entend mettre de l’ordre dans le secteur de la sous-traitance. En février 2017, le législateur congolais a voté la loi sur la sous-traitance dans le secteur privé. Une loi qui devait révolutionner l’économie de la RDC à moyen et long terme. La volonté du législateur est de permettre aux congolaises et congolais d’accéder à un marché naturellement captif et très concentré sur les acteurs étrangers. Du coup, la loi sur la sous-traitance a généré autant d’attentes positives que d’inquiétudes dans le secteur privé.
D’après Djo Moupondo, il est hors de question de tout laisser entre les mains de l’Etat. » Je crois qu’en RDC, chaque entreprise doit avoir la politique de Responsabilité Sociétale parce que nous avons tous remarqué que l’Etat, à lui seul, ne suffit pas, il faut que les privés s’y mettent et travaillent avec l’Etat qui ne peut pas faire tout », soutient-il. A lui de poursuivre : »on a un pays continent. On ne peut pas s’attendre à ce que notre État, au point où il est aujourd’hui, puisse tout faire; nous devons nous lever tous ensemble pour soutenir l’État », conseille le promoteur du Sommet »Nkelo Bantu ».
Les assises du Pullman Grand Hôtel de Kinshasa ont donné la parole aux diverses parties prenantes du secteur de la sous-traitance à travers des débats enrichissants. Le souhait des participants est de voir les observations et réflexions soulevées lors du premier sommet »Nkelo Bantu » se transformer en solutions pour assainir le secteur de la sous-traitance.
Des espoirs sont donc permis quant au développement du secteur de la sous-traitance en RDC. Suivant l’esprit du forum »Nkelo Bantu », cela passe par l’instauration d’un dialogue social pérenne entre toutes les parties prenantes.
Patrick BOMBOKA


















