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Economie

RDC : Tshisekedi exige un SMIG plus réaliste pour restaurer la dignité des travailleurs

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Le Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a lancé un appel pressant au Gouvernement pour une révision urgente et structurelle du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG). C’était à Lubumbashi, lors de la 40ᵉ réunion du Conseil des Ministres tenue le vendredi 18 avril 2025.

Cette exigence du Président Félix Tshisekedi est motivée par le souci de renforcer le pouvoir d’achat des congolais les plus précaires.

Dans sa communication, le Chef de l’État congolais a invité la Première Ministre Judith Suminwa à veiller à ce que le prochain taux du SMIG reflète non seulement les réalités économiques actuelles du marché, mais qu’il réponde surtout aux besoins vitaux des travailleurs. Il s’agit là, selon lui, d’un impératif de justice sociale.

« Le Président Tshisekedi reconnaît l’effort consenti en décembre dernier, lorsque le SMIG est passé de 7.075 à 14.500 Francs congolais. Toutefois, ce réajustement demeure largement insuffisant pour couvrir les charges élémentaires des travailleurs, notamment ceux œuvrant dans les secteurs informel et sous-rémunéré. », a souligné le Porte-parole du Gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya.

« Ceux qui subissent le plus durement les effets de la précarité doivent pouvoir compter sur un SMIG qui restaure leur dignité », a-t-il insisté Muyaya, relayant les propos du Président de la République.

En clair, le Président Tshisekedi veut un salaire minimum qui fasse plus que survivre : un SMIG qui permette de vivre.

Félix Tshisekedi a par ailleurs salué l’ouverture prochaine de la 37ᵉ session ordinaire du Conseil National du Travail, prévue du 21 au 24 avril 2025. Ce forum tripartite, réunissant gouvernement, employeurs et syndicats, devra, selon le Président Tshisekedi, déboucher sur des décisions concrètes pour encadrer l’emploi des étrangers, consolider la protection sociale et garantir l’équité sur le marché du travail.

Le SMIG actuel, bien que doublé, reste l’un des plus bas d’Afrique.

Dans un contexte d’inflation persistante et de dépréciation du Franc congolais, la mesure présidentielle apparaît comme une tentative de repositionner l’État du côté des travailleurs, dans un pays où la majorité vit avec moins de deux dollars par jour.

Pour les experts, l’appel de Tshisekedi s’inscrit dans une volonté politique de rééquilibrage social, mais il soulève plusieurs défis. Comment financer un SMIG plus élevé sans fragiliser les petites entreprises ? Quelle articulation avec une politique plus large de sécurité sociale ? La crédibilité de cette démarche dépendra de la capacité du Gouvernement à concilier justice sociale et soutenabilité économique. Car derrière les chiffres du SMIG, c’est toute la structure salariale du pays qui est en jeu.

Flory MUSISWA

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