Emploi
Assemblée nationale : Prince Kangila propose une réforme pour mieux protéger les travailleurs domestiques

Le débat sur la protection des travailleurs domestiques s’invite désormais au cœur des réformes sociales en République démocratique du Congo.
Le député national Prince Kangila Kahwela, élu de Tshangu, a déposé, le vendredi 15 mai 2026 à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à modifier le Code du travail afin d’y intégrer un régime juridique spécifique consacré aux employés domestiques.
À travers cette initiative, l’élu entend instaurer un cadre légal plus structuré pour un secteur encore largement dominé par l’informalité et faiblement protégé sur le plan social.
La réforme concerne notamment les chauffeurs personnels, les nounous, les femmes de ménage ainsi que les gardiens de parcelles.
En République démocratique du Congo, ces métiers occupent une place importante dans le fonctionnement quotidien de nombreux ménages, mais leurs conditions de travail restent souvent peu encadrées.
Selon Prince Kangila Kahwela, « l’objectif est de mieux réglementer les relations entre employeurs et employés domestiques afin de garantir davantage de dignité et de sécurité professionnelle à cette catégorie de travailleurs ».

Le texte met particulièrement l’accent sur plusieurs dimensions sociales jugées prioritaires, notamment l’accès aux soins de santé, l’amélioration des conditions de travail ainsi que la reconnaissance de certains droits fondamentaux.
Pour plusieurs observateurs, cette proposition intervient dans un contexte où les débats autour de la protection sociale et de la formalisation de l’économie prennent de plus en plus d’ampleur en Afrique.
Dans plusieurs pays, le travail domestique reste marqué par l’absence de contrats formels, des rémunérations irrégulières et une faible couverture sociale.
En RDC, le secteur domestique représente une part importante des emplois informels urbains, particulièrement à Kinshasa et dans les grandes villes. Pourtant, les mécanismes de protection juridique y demeurent encore limités.
À travers cette proposition, le député de Tshangu souhaite ainsi inscrire le travail domestique dans une logique de modernisation du Code du travail congolais. L’initiative pourrait également ouvrir le débat sur la nécessité d’élargir progressivement la couverture sociale à d’autres catégories de travailleurs évoluant dans l’économie informelle.
Si elle est adoptée, cette réforme marquerait une évolution importante dans la reconnaissance juridique d’un secteur longtemps marginalisé mais devenu essentiel dans l’organisation économique et sociale de nombreux ménages congolais.
Flory MUSISWA
























