Finance
RDC : 349 millions USD nécessaires pour souvenir les opérations du PAM d’ici 2026

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé, le 29 octobre 2025, qu’il aura besoin de 349 millions USD pour financer ses opérations d’assistance humanitaire en République Démocratique du Congo (RDC) d’ici avril 2026.
Selon les dernières analyses du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), le nombre de personnes confrontées à une crise alimentaire dans le pays pourrait passer de 24,8 millions actuellement à 26,6 millions d’ici début 2026.
Le conflit dans l’Est du pays a provoqué le déplacement de plusieurs millions de personnes et fragilisé les moyens de subsistance, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika.
Le PAM souligne que la malnutrition touche près de la moitié des enfants de moins de 5 ans, soit environ 3,2 millions, compromettant gravement leur développement.
Cynthia Jones, Directrice Pays du PAM, insiste sur l’urgence : « Il s’agit d’un appel d’urgence à l’action. Le peuple congolais a besoin de paix. Mais il a aussi besoin de l’assistance alimentaire pour se remettre sur pied, car la sécurité alimentaire est le fondement d’une paix durable. »
En 2025, faute de financements suffisants dans un contexte de réduction globale de l’aide internationale au développement, le PAM avait été contraint de limiter l’assistance à 600.000 personnes, contre 2,3 millions prévues initialement.
L’institution lance donc un appel aux bailleurs pour sécuriser ses opérations sur les trois prochains mois.
Il sied de préciser que la RDC figure parmi les 10 pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire aiguë selon le Global Report On Food Crises (GRFC) 2025, aux côtés du Nigeria, Soudan, Bangladesh, Éthiopie, Yémen, Afghanistan, Birmanie, Pakistan et Syrie.
Emmanuel Macron a récemment rappelé que le plan de réponse humanitaire des Nations Unies, évalué à 2,5 milliards d’euros, n’était financé qu’à hauteur de 16 %, soulignant ainsi le déficit structurel de ressources face à l’urgence humanitaire dans la région.
La situation s’inscrit dans un contexte régional fragile. La région des Grands Lacs, incluant la RDC, le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda, est confrontée à l’instabilité sécuritaire, aux tensions transfrontalières et aux déplacements massifs.
D’après le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), à fin 2024, 26,3 millions de personnes étaient déplacées de force dans l’Afrique de l’Est, Corne de l’Afrique et région des Grands Lacs, dont 7 millions en RDC en 2025 selon l’ONU, victimes de violences intercommunautaires, de catastrophes naturelles et d’expulsions liées aux projets miniers.
Mobilisation régionale renforcée
En soutien à la stabilité alimentaire et humanitaire, la Conférence des Grands Lacs, tenue récemment en France sous l’impulsion du Togo et de la France, a annoncé la mobilisation de 1,7 milliard USD d’assistance pour la région, incluant la RDC. Cette enveloppe vise à renforcer l’aide humanitaire et à soutenir les efforts de développement durable dans les pays des Grands Lacs, soulignant l’importance d’une coopération régionale et internationale coordonnée pour répondre aux crises alimentaires et sécuritaires.
Flory MUSISWA


















