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Finance

RDC : CIMKO compte investir 300 millions USD pour doubler sa capacité de production

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La Cimenterie Kongo (CIMKO) prévoit d’investir plus de 300 millions de dollars américains afin de porter sa capacité de production annuelle de ciment à 3 millions de tonnes d’ici 2027, contre 1,4 million de tonnes actuellement.

Ce projet s’inscrit dans un contexte de forte croissance de la demande en ciment en République Démocratique du Congo (RDC), portée notamment par la multiplication des chantiers d’infrastructures publics et privés.

Installée à Songololo, dans la province du Kongo Central, CIMKO exploite depuis 2018 l’une des plus grandes unités de production de ciment du pays.

L’entreprise est issue d’une coentreprise détenue à parts égales par le groupe congolais Rawji et le cimentier pakistanais Lucky Cement.

Si les modalités de financement de ce nouveau programme d’investissement n’ont pas encore été précisées, les premiers investissements de CIMKO en RDC avaient bénéficié de l’appui financier de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Société financière internationale (IFC), institution du groupe de la Banque mondiale.

Selon la direction de l’entreprise, ce plan d’expansion prévoit également l’adoption de technologies plus modernes, avec un accent mis sur l’efficacité énergétique et la réduction de l’empreinte carbone.

CIMKO indique aussi vouloir renforcer son impact socio-économique local, notamment à travers la création de nouveaux emplois directs et indirects et le soutien à des initiatives communautaires autour de son site industriel.

Le projet de CIMKO intervient alors que le marché congolais du ciment reste caractérisé par un déséquilibre entre l’offre locale et une demande en constante progression.

D’après les données de la Banque Centrale du Congo (BCC), la consommation nationale de ciment a atteint 2,55 millions de tonnes en 2023, tandis que la production locale est estimée à environ 2,3 millions de tonnes. Ce déficit structurel continue d’être comblé par les importations.

Dans ce contexte, CIMKO affirme vouloir renforcer sa position sur le marché national tout en contribuant à la réduction de la dépendance du pays aux importations.

L’entreprise estime que l’augmentation de l’offre locale pourrait également exercer une pression à la baisse sur les prix du ciment, régulièrement pointés du doigt par les consommateurs.

CIMKO n’est pas le seul acteur à annoncer des projets d’expansion.

La société chinoise WIH Cement prévoit, elle aussi, de porter ses capacités de production à 2,2 millions de tonnes par an d’ici 2027.

Par ailleurs, un consortium chinois conduit par Avic et Conch s’est associé à l’État congolais pour relancer la Cimenterie nationale de Kimpese, également située dans le Kongo Central.

Sur le plan réglementaire, le Gouvernement congolais cherche à favoriser la production locale.

En juillet 2024, les autorités ont interdit l’importation de ciment gris et de clinker dans le Sud-Est et le Sud-Ouest du pays.

Cependant, en octobre 2025, le Ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a ordonné l’ouverture d’une enquête sur la poursuite d’importations jugées illégales, notamment en provenance du groupe nigérian Dangote.

Dans certaines zones, notamment dans le Sud-Est du pays, des consommateurs justifient le maintien des importations par la hausse des prix du ciment, qui seraient passés, selon des témoignages relayés par des médias, de 8 à 15 dollars américains le sac.

Les autorités congolaises devront renforcer les mécanismes de contrôle aux frontières et assurer l’application effective des mesures prises afin de garantir un environnement favorable aux investissements industriels en cours.

Mitterrand MASAMUNA

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