Connect with us

a la une

RDC : Coronavirus accélère la tendance baissière des recettes publiques

Published

on

La baisse des cours des certaines matières premières et la situation sanitaire internationale due au Coronavirus impactent négativement sur la mobilisation des recettes publiques en Rd Congo, pays dont l’économie dépend des exportations des ressources naturelles. Au cours des deux premiers mois de l’année 2020, plus de 100 milliards de CDF n’ont pas été mobilisés, au regard des prévisions du Plan de trésorerie arrêté au 20 février dernier.

En effet, les assignations des deux premiers mois alignées dans ce Plan de trésorerie n’ont pas été atteintes. Sur le 1 053 milliards de CDF, seuls 953 milliards de CDF ont été mobilisés. Ce qui justifie une contreperformance de 100 milliards de CDF. 

Concrètement, cela signifie que le niveau des recettes mobilisées en janvier (soit, 499 milliards de CDF) a baissé de 45 milliards de CDF en février pour se situer à 454 milliards de CDF. Et cette tendance baissière tend à se consolider au mois de mars au regard des incertitudes persistantes liées à la propagation de l’épidémie de Coronavirus et ses conséquences sur l’économie mondiale.

Aux efforts le Gouvernement déployés pour accroître la mobilisation des recettes publiques internes, des analystes estiment qu’il est plus qu’urgent de mettre en oeuvre des mesures visant notamment à élargir l’assiette fiscale (pour qu’un grand nombre de personnes physiques et morales s’acquittent de leurs impôts et taxes), à intensifier la collecte de l’impôt professionnel sur les rémunérations (IPR) et à sécuriser la perception et le reversement de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA). 

Pour le ministère des Finances, tout est mis en oeuvre pour lutter contre la fraude fiscale et douanière ainsi implémenter la digitalisation de la chaîne de la recette publique.

Les prévisions de recettes internes inscrites au Budget 2020 se chiffrent à plus de 13 000 milliards de CDF, soit plus de 8,2 milliards de dollars américains. Pour atteindre ce niveau de recettes, le premier ministre Ilunkamba avait, lors de la présentation de ces prévisions aux élus du peuple, évoqué de mesures concrètes en vue d’élargir l’assiette fiscale, d’endiguer la fraude et de lutter contre l’évasion fiscale.

« Le temps est effectivement venu de prendre le courage pour faire bouger les lignes, car tous les Congolais, sans exception, s’attendent à une véritable révolution, à la fois économique et sociale. Mais cette révolution a un prix ! Ce prix, c’est notamment la mise en œuvre des réformes dans un patriotisme d’action ; la moralisation de la vie politique et économique ; la gestion plus saine et plus rigoureuse de nos finances publiques, gage de la justice sociale tant recherchée », avait – il précisé.

A RE(LIRE) : les trois chiffres de l’exécution du Budget de l’Etat en février 2020

Sous le leadership du chef de l’État, le Gouvernement affirme avoir poursuivi ses efforts pour préserver l’adéquation entre l’exécution des opérations financières de l’État et la nécessaire stabilité du cadre macroéconomique. Qu’à cela ne tienne, les cours de principales matières premières exportées par la RDC sont influencés par cette urgence sanitaire internationale. 

Les cours du pétrole et du cuivre, au mois de février, se sont inscrits en baisse de 12,90% et 6,35%, respectivement, se situant en moyenne à 55,49 USD le baril et 5 685,15 USD la tonne métrique. Quant à celui du cobalt, il a enregistré une hausse mensuelle de 4,06%, se chiffrant à 33 712,50 USD/tonne.

Sur le plan interne, les experts notent la poursuite du ralentissement de l’activité économique sur fond d’un environnement économique difficile comme sur le front extérieur.

D’après la Banque centrale du Congo, il s’est observé sur les marchés des biens et des services, en février dernier, un ralentissement du rythme de formation des prix des biens et services, attestée par un taux d’inflation mensuel de 0,256 % venant de 0,507 % le mois précédent. En glissement annuel, l’inflation est ressortie à 4,649 % et en annualisée, elle se situerait à 4,497 %, face à un objectif de moyen terme de 7,0 %. 

Quelques dépréciations de la monnaie nationale ont été également observées en février sur le marchés de change. A l’indicatif, le taux de change s’est situé à 1 695,01 CDF le dollar américain, soit une dépréciation de 0,7% par rapport à son niveau du mois précédent, alors que sur le segment parallèle, le franc congolais n’a perdu que 0,4% de sa valeur pour s’échanger à 1 751,67 CDF. 

Les réserves internationales ont, quant à elles, connu une baisse de 68,7 millions USD pour s’établir à 716,81 millions USD. A ce jour, indique le Comité de politique monétaire, ces réserves ne couvrent que deux semaines d’importation des biens et services.

Eric TSHIKUMA

Sur le même sujet :

RDC : finances publiques, le rythme inquiétant exige la « réduction drastique » du train de vie des institutions

Advertisement
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Advertisement
Advertisement DRC Mining 2026
Bendele
Rawsur

Edito

ZoomEco TV