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Monde : les recettes issues de la tarification du carbone ont bondi de 256,7 % entre 2016 et 2025

Les recettes publiques générées par la tarification du carbone ont connu une hausse spectaculaire au cours de la dernière décennie.
Selon le rapport « État et tendances de la tarification du carbone 2026 » publié le 19 mai 2026 par le Groupe de la Banque mondiale, elles sont passées de moins de 30 milliards USD en 2016 à plus de 107 milliards USD en 2025, soit une augmentation estimée à environ 256,7 %.
Le rapport recense actuellement 87 politiques de tarification du carbone en vigueur dans le monde, soit sept de plus qu’en 2025. Cette progression traduit l’accélération des engagements des États en faveur de la transition énergétique et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
D’après les experts de la Banque mondiale, toutes les grandes économies à revenu intermédiaire ont déjà adopté ou envisagent d’instaurer des mécanismes de tarification directe du carbone. Les avancées les plus notables au cours de l’année écoulée ont été observées en Inde et au Viet Nam.
Le document souligne également une progression continue des prix du carbone, en hausse de 7 % par rapport à l’édition précédente et ayant doublé au cours des dix dernières années. Le prix moyen mondial atteint désormais près de 21 dollars par tonne équivalent CO2 (tCO2e).
Aujourd’hui, plus de 29 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont couvertes par une tarification directe du carbone. Ce taux pourrait avoisiner un tiers des émissions mondiales si les instruments actuellement en préparation dans plusieurs grandes économies émergentes entrent effectivement en vigueur.
« La tarification et les marchés du carbone peuvent jouer un rôle important en permettant aux pays de définir leur propre bouquet énergétique », souligne Paschal Donohoe, directeur général et directeur de la gestion des connaissances du Groupe de la Banque mondiale. Selon lui, ces mécanismes, lorsqu’ils sont bien conçus, favorisent l’efficacité économique, stimulent l’innovation et mobilisent des ressources au service des priorités de développement.
Sur le marché mondial du carbone, le volume total des crédits carbone émis a augmenté de 8 % entre 2024 et 2025. Malgré une légère baisse générale des prix des crédits carbone durant l’année 2025, certains segments continuent d’afficher des valorisations élevées, notamment les crédits destinés aux compagnies aériennes internationales ainsi que ceux issus des projets de préservation forestière et de reboisement bénéficiant d’une notation environnementale élevée.
À travers son département Climat, le Groupe de la Banque mondiale poursuit son accompagnement des pays dans la mobilisation des financements climatiques. L’institution mise notamment sur l’élargissement de l’accès aux marchés carbone afin de soutenir les objectifs de croissance durable, de création d’emplois et de transition vers des économies résilientes face aux changements climatiques.
Olivier KAFORO
























