Connect with us

Finance

RDC : la future Bourse de Kinshasa misera aussi sur le franc congolais dès 2027

Published

on

La République démocratique du Congo amorce un quantum leap de qualité quant à la structuration de sa trajectoire monétaire avec le lancement, dès 2027, de sa première Bourse de valeurs.

Selon les informations relayées par la Radio Télévision Nationale du Congo (RTNC) depuis New York, cette place financière fonctionnera en franc congolais et en dollar américain, un choix qui donne au projet une portée monétaire autant que financière.

Développée avec l’appui de la Société financière internationale (IFC), institution du Groupe de la Banque mondiale dédiée au développement du secteur privé, la Bourse de Kinshasa doit permettre aux entreprises de lever des capitaux auprès des investisseurs.

L’accord de partenariat entre le Gouvernement congolais et l’IFC a été signé en juin 2026 pour accompagner la mise en place du cadre réglementaire, des infrastructures de marché et des premières opérations boursières.

Le choix d’autoriser les transactions en franc congolais est particulièrement significatif.

Dans une économie encore fortement dollarisée, il traduit la volonté d’intégrer progressivement la monnaie nationale dans les circuits modernes de financement.

Les entreprises pourront ainsi mobiliser des capitaux, non seulement en dollar, mais aussi en monnaie locale, ce qui pourrait renforcer la profondeur du marché financier domestique.

Cette orientation intervient au moment où la Banque Centrale du Congo a mis en place une autre réforme majeure.

À partir du 9 avril 2027, les transactions en espèces en devises étrangères devraient être interdites sur le territoire national, une mesure destinée à renforcer l’usage du franc congolais dans les paiements domestiques. Elle s’ajoute au lancement, en mai 2026, du module B-Match de Bloomberg FXGO par la BCC. Cet outil vise à moderniser le marché des changes, renforcer la transparence des transactions interbancaires et établir un taux indicatif fondé sur les opérations réelles entre banques.

Les premières sociétés attendues à la cotation devraient venir du secteur minier, en raison du poids stratégique du cobalt, du cuivre et du lithium dans l’économie congolaise.

À terme, la Bourse pourrait aussi accueillir des banques, des entreprises de télécommunications, des groupes agricoles et industriels, afin de représenter plus largement les secteurs productifs du pays.

Pour les experts en marchés boursiers, la question centrale sera celle de la liquidité. Une Bourse ne devient utile que si les titres s’achètent et se vendent facilement, avec des prix transparents, des informations financières fiables et des investisseurs suffisamment nombreux.

Dans le cas congolais, l’usage du franc congolais peut devenir un signal fort, à condition que la stabilité monétaire suive.

Plus loin encore, ils estiment que la Bourse de Kinshasa ne réussira pas par son annonce, mais par sa crédibilité. Elle devra rassurer les entreprises, protéger les investisseurs, imposer des règles de gouvernance strictes et garantir la qualité de l’information publiée par les sociétés cotées.

Mais si la réforme boursière coïncide efficacement avec les mesures de la BCC sur le change et l’usage de la monnaie nationale, Kinshasa pourrait progressivement se positionner comme un hub financier émergent en Afrique centrale.

L’ambition du Gouvernement à travers cette architecture financière est de faire du franc congolais non plus seulement une monnaie de paiement, mais aussi une monnaie d’investissement.

Flory MUSISWA

Advertisement
Advertisement DRC Mining 2026
Bendele
Rawsur

Edito

ZoomEco TV