Finance
RDC: le service de la dette publique a enregistré une hausse de 7,39% en 2023

Le service de la dette publique de la République Démocratique du Congo (RDC) a atteint 887,57 millions de dollars américains en 2023, en hausse de 7,39 % par rapport à l’année précédente, selon le rapport annuel publié par la Direction Générale de la Dette Publique (DGDP).
Cette enveloppe globale se décompose en 296,76 millions USD pour le service de la dette extérieure et 590,81 millions USD pour la dette intérieure.
L’augmentation observée, soit 64,07 millions USD par rapport aux 826,50 millions USD enregistrés en 2022, est essentiellement imputable à la progression du service de la dette intérieure, qui représente désormais plus des deux tiers de l’effort global.
En 2023, la dette intérieure a enregistré un paiement global de 590,81 millions USD, contre 546,14 millions USD l’année précédente.
Cette hausse de 44,67 millions USD est portée à la fois par le remboursement du principal et le paiement des intérêts : Le principal de la dette intérieure a progressé de 32,69 millions USD, tandis que les intérêts intérieurs sont passés de 16,75 millions USD en 2022 à 28,73 millions USD en 2023, soit une augmentation significative de 11,98 millions USD (+71,5 %).
Cette dette intérieure inclut à la fois le remboursement des Bons et Obligations du Trésor, ainsi que le paiement des arriérés intérieurs accumulés.
En contraste, le service de la dette extérieure a légèrement reculé. Le principal a connu une baisse de 15,25 %, passant de 297,11 millions USD en 2022 à 251,80 millions USD en 2023.
Toutefois, les intérêts extérieurs ont continué d’augmenter, atteignant 44,96 millions USD contre 36,70 millions USD l’année précédente, soit une hausse de 8,26 millions USD (+22,5 %).
La structure de la dette publique congolaise reste dominée par le poids croissant de l’endettement intérieur.
Si la baisse du principal de la dette extérieure offre une marge de respiration à court terme, la montée des charges d’intérêts, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, pourrait à moyen terme exercer une pression plus forte sur les finances publiques.
Le recours soutenu aux instruments de trésorerie, en particulier les Bons et Obligations du Trésor, pour couvrir les besoins de financement interne, explique en partie cette dynamique.
Dans un contexte de besoins de financement élevés et de fragilité budgétaire persistante, la maîtrise du service de la dette, en particulier de la dette intérieure, apparaît comme un enjeu stratégique.
Le Gouvernement devra concilier efforts de consolidation budgétaire, gestion proactive de la dette et mobilisation accrue des ressources internes pour préserver la soutenabilité à moyen terme.
Mitterrand MASAMUNA
























