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RDC : En 2023, le Franc congolais a chuté de plus de 30 % face au dollar et à l’euro

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Le rapport annuel de la Direction Générale de la Dette Publique (DGDP) révèle une forte dépréciation du Franc congolais (CDF) face aux principales devises de la dette extérieure de la République Démocratique du Congo (RDC) entre 2022 et 2023, avec des conséquences notables sur le coût de la dette publique.

Au 31 décembre 2023, 1 dollar américain valait 2 679,60 CDF, contre 2 056,91 CDF un an plus tôt. Cela représente une hausse de 622,69 CDF en 12 mois, soit une dépréciation de 32,92 % du franc congolais face à la principale devise de la dette extérieure congolaise.

Le cours de l’euro a suivi une tendance encore plus marquée, passant de 2 184,41 CDF fin 2022 à 2 977,45 CDF fin 2023. Cela correspond à une hausse de 793,04 CDF, soit une dépréciation de 36,30 % de la monnaie nationale par rapport à l’euro.

Le yuan chinois (CNY), également utilisé dans le portefeuille de la dette extérieure, a vu son taux de change passer de 294,66 CDF à 379,40 CDF, soit une hausse de 84,74 CDF traduisant une dépréciation de 28,76 % du CDF par rapport à la devise chinoise.

Ces évolutions de taux de change augmentent considérablement la charge de la dette extérieure libellée en devises, lorsqu’elle est convertie en Francs congolais pour paiement.

Même si le montant en dollar, euro ou yuan reste inchangé, le montant en Franc congolais à décaisser augmente fortement, mettant sous pression les finances publiques.

Pour rappel, 96 % de la dette extérieure congolaise est contractée auprès de créanciers officiels, notamment des institutions multilatérales (78,49 %) et des partenaires bilatéraux (19,19 %). Cette structure rend la RDC très exposée aux fluctuations des devises étrangères.

Cette dépréciation intervient dans un contexte de déséquilibre macroéconomique, marqué par : une demande accrue en devises étrangères, des pressions inflationnistes persistantes,
un déficit de la balance des paiements,
ainsi que les répercussions des politiques monétaires restrictives menées par les grandes banques centrales, notamment la FED et la BCE.

L’augmentation des taux de change fragilise davantage la capacité du Trésor public à honorer ses engagements extérieurs, sans affecter d’autres priorités budgétaires.

Le rapport de la DGDP met en évidence la nécessité d’une gestion plus rigoureuse du risque de change, dans une stratégie globale de gestion de la dette publique.

Mitterrand MASAMUNA

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