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RDC : les résolutions de la session extraordinaire de la Cour des comptes déposées à l’Assemblée nationale

Le Président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga Ngwaka, a transmis, le mardi 22 octobre 2024, à Vital Kamerhe, Président de l’Assemblée nationale, les résolutions cruciales issues de la première session extraordinaire du Conseil Supérieur de la Cour des comptes, tenue du 7 au 11 octobre 2024.
En effet, ces résolutions portent en grande partie sur le renouvellement des effectifs de l’institution, avec des implications majeures pour l’avenir de la gestion des finances publiques en République Démocratique du Congo (RDC).
Des réformes attendues pour renforcer l’institution
En tête des propositions soumises, on retrouve le recrutement de nouveaux magistrats, un besoin urgent face aux départs à la retraite prévus pour ceux ayant atteint l’âge légal.
La gestion des postes vacants ainsi que la promotion des magistrats en fonction sont également au cœur des recommandations. Il s’agit là d’une réforme nécessaire compte tenu du rôle central de la Cour des comptes dans l’audit et le contrôle des finances publiques, un secteur en pleine évolution en République Démocratique du Congo.
Jimmy Munganga a souligné le fait que « la primeur des résolutions est reservée au Président de la République, après avis de l’Assemblée nationale ». Cela met en lumière la lourde responsabilité de l’Assemblée nationale qui doit émettre un avis dans le cadre de l’article 41 de la loi organique n° 18/024 du 13 novembre 2018 et de l’article 33 du Règlement intérieur du Conseil.
Une dynamique de renouvellement en pleine gestation
Cette initiative de la Cour des comptes s’inscrit dans une dynamique de réajustement qui pourrait profondément transformer cette institution.
Avec le départ à la retraite des magistrats ayant atteint l’âge légal, et l’impératif de renouveler les compétences, il y a un réel besoin de garantir la continuité de la mission de surveillance et d’audit des finances publiques.
Toutefois, cette proposition ne s’arrête pas simplement à un remplacement des effectifs, elle ambitionne également de repositionner la Cour des comptes en tant qu’acteur de premier plan dans la promotion de la transparence et de l’efficacité dans la gestion des ressources publiques.
Le recrutement de nouveaux magistrats devra ainsi s’accompagner d’une stratégie de formation afin de garantir que les nouveaux membres soient équipés pour répondre aux défis complexes d’une économie en pleine mutation.
Enjeux politiques et institutionnels
Le dépôt de ces résolutions à l’Assemblée nationale intervient à un moment où la gestion des finances publiques est de plus en plus scrutée, tant au niveau national qu’international.
La capacité de la Cour des comptes à contrôler efficacement les dépenses publiques est souvent perçue comme un baromètre de la bonne gouvernance en RDC. Une réforme en profondeur des effectifs permettrait ainsi de renforcer la crédibilité de l’institution tout en rassurant les partenaires financiers et internationaux.
Cependant, cette réforme devra surmonter plusieurs défis. La lenteur administrative et le poids des considérations politiques peuvent freiner l’adoption rapide des recommandations, alors même que des résultats concrets sont attendus pour maintenir la confiance dans les institutions publiques.
Vers une Cour des comptes renforcée
Si ces propositions sont validées par l’Assemblée nationale et entérinées par ordonnance présidentielle, elles pourraient représenter une avancée significative dans la professionnalisation de la Cour des comptes. Cela pourrait à terme contribuer à une meilleure gestion des finances publiques, favorisant ainsi la lutte contre la corruption et renforçant la transparence dans l’utilisation des ressources publiques.
La balle est désormais entre les mains du pouvoir législatif avant l’arbitrage final du Président de la République pour impulser une réforme nécessaire dans un contexte où la meilleure gestion des fonds publics est plus que jamais une priorité.
Flory Musiswa
























