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RDC : les trois chiffres de l’exécution du Budget de l’Etat en février 2020

454 milliards de CDF des recettes mobilisées, 634 milliards des dépenses effectuées et 180 milliards du solde déficitaire. Tels sont les trois chiffres de la réalisation des opérations financières de l’Etat comptant pour le mois de février 2020. Ils sont rendus publics par le ministère des Finances qui tient à la transparence et à la redevabilité de la gestion des deniers publics en Rd Congo.
A analyser ces chiffres, il y a lieu d’observer que la situation des finances publiques n’a pas véritablement changée par rapport au mois précédent. Conscient de cette réalité alarmante, le Gouvernement s’est engagé à redoubler d’efforts pour, d’une part, intensifier la mobilisation des recettes ; et d’autre part, contenir les pressions sur les dépenses. L’objectif étant, de réduire sensiblement le niveau des déficits publics dont la tendance demeure haussière depuis le début de l’année en cours.
Recettes en baisse de 9,2%
La courbe de mobilisation de recettes publiques est descendante. Entre janvier et février, les recettes ont baissé de 499 milliards de CDF à 454 milliards de CDF. En cumul, indique la Fiche synthétique de la situation des finances publiques, les recettes courantes mobilisées ont atteint 953 milliards de CDF.
« Au cours du mois de Février 2020, les recettes courantes collectées par le Trésor Public ont été négativement affectées par la baisse des recettes pétrolières de plus 45%, consécutivement à la chute des cours mondiaux du pétrole. Cependant, la mobilisation des recettes constitue toujours une priorité nationale pour élargir l’espace budgétaire de l’État », précise les experts du ministère des Finances.
Des actions spécifiques, apprend – on de la même source, sont en cours d’implémentation à différents niveaux, en harmonie avec les mesures d’accompagnement prévues par la Loi des Finances 2020.
Si elles bénéficient de l’implication de l’ensemble du Gouvernement de la République, elles concernent notamment le renforcement des dispositifs de collecte de la TVA, la lutte contre la fraude fiscale et douanière et la digitalisation de la chaîne de la recette.
Dépenses 634 milliards de CDF
La forte pression qui s’exerce sur les dépenses publiques est restée maintenue au mois de février. Plus de 634 milliards de CDF ont été provisoirement enregistrés. En les cumulant aux réalisations de Janvier 2020, le dépenses totales réalisées au cours de ces deux mois atteignent le 1 270 milliards de CDF.
« A l’instar du mois de Janvier 2020, la part des dépenses de rémunération et de fonctionnement sur les dépenses totales est restée prépondérante. En février 2020, elles ont représenté 77,9 % du total des dépenses. Quant aux dépenses d’investissement, elles sont passées de 0,2% en Janvier 2020 à 2,5% en février 2020 », rapporte le ministère des Finances.

En d’autre, la plus grande part des dépenses courantes de l’Etat effectuée au cours de cette période est de nature « contraignante » et « exécutable ». Elle est consécutive notamment à l’augmentation de la masse salariale par la mécanisation des agents publics et à l’alignement des avantages liés aux équivalences des fonctions pour certaines institutions dont la Présidence de la République.
Le déficit se creuse de 32%
Le solde déficitaire public s’est creusé de 32% entre fin janvier et fin février 2020. Il est ainsi passé de 137 milliards de CDF à 180 milliards de CDF. Ce qui dégage un cumul de 317 milliards de CDF sur la période.
D’après les statistiques de la Direction du trésor et des moyens de financement du ministère des Finances, ce solde déficitaire des opérations financières de l’Etat a été financé de 119 milliards de CDF par la série d’émissions des Bons du Trésor. Faudrait – il conclure que la différence du financement de ce déficit, soit 198 milliards de CDF, a été couverte par les avances monétaires de la Banque centrale au Gouvernement? Répondre à l’affirmative serait logique.

« Concernant les causes du déficit, elles tiennent davantage à la sous réalisation des recettes comparativement aux prévisions qu’aux dépassements observés au niveau des dépenses », commentent les experts du ministère des Finances.
En d’autres termes, si les assignations de mobilisation des recettes étaient atteintes, le déficit n’allait pas s’évaluer dans les mêmes proportions.
Au demeurant, il y a lieu d’observer que les recettes mobilisées par l’Etat congolais jusque-là, dans le cadre de l’exécution du Budget 2020, ne rencontre pas le niveau des dépenses effectuées. Si au début du mois il y a des légers excédents, dès lors que le processus de paie est enclenché vers la quinzaine, le déficit reprend sa plonge.
A RE(LIRE) : zéro financement monétaire et +33 milliards de CDF de solde prévus à fin mars 2020 (Plan de trésorerie)
Sous le leadership du chef de l’État, indique le ministère des Finances, le Gouvernement a poursuivi ses efforts pour préserver l’adéquation entre l’exécution des opérations financières de l’État et la nécessaire stabilité du cadre macroéconomique.
« En dépit des contraintes considérables affectant la trésorerie publique, les efforts déployés dans la gestion des Finances Publiques ont consisté à contenir le train de vie de l’État dans les limites de ses ressources disponibles. Cela en droite ligne avec les engagements conclus dans le cadre du programme de référence avec Fonds Monétaire International », précise – t – il.
Eric TSHIKUMA
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