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RDC : Vers l’asphyxie financière en 2016 ?

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La décélération du rythme de la croissance économique et le tarissement des recettes publiques compliquent davantage l’équation financière de l’année 2016. Face aux impératifs majeurs auxquels le gouvernement devra répondre, il y a lieu d’éviter le blocage de la machine de l’Etat. Faudrait-il faire des arbitrages dans l’affectation maigres recettes qui seront collectées ou carrément subir l’asphyxie financière ?

L’Assemblée nationale vient d’adopter en première lecture le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2016. Au finish, la Commission Ecofin n’a été en mesure que d’intégrer dans le projet initial des recettes additionnelles de 80 millions USD, portant le budget prédit pour l’exercice 2016 à environ 9,1 milliards USD.

Pendant que l’Assemblée nationale débattait, lundi, du projet de loi des finances 2016, à la Primature tenait autour du Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, la traditionnelle réunion de la Troïka stratégique qui a exprimé, sans le dire explicitement, des inquiétudes sur la situation économique et financière du pays.

Croissance, la courbe en pleine déclinaison

Au niveau national, sur la base des réalisations de la production à fin septembre 2015, les estimations de la croissance sont revues à « 7,7%, soit un recul de 1,8 par rapport à 2014 ». La Troïka stratégique tente de relativiser en précisant que ce niveau « reste supérieur à la moyenne africaine qui est de 5,8% en 2015 selon les projections du FMI ».

Devant, l’incapacité de freiner, à très court terme, cette décélération du rythme de la croissance économique, la Troïka stratégique rappelle que « cette situation est consécutive à la décélération de la production dans le secteur des mines, liée à la baisse continue des cours des matières premières ». Au regard de l’évolution de la situation, prédisent certains analystes, la pente est loin de s’arrêter.

Vue du débat général du projet du budget 2016 à l’Assemblée Nationale. Ph. Tiers

Tarissement des recettes publiques

Certes, la stabilité du cadre macroéconomique n’en souffre pas tellement, mais les tensions sur les finances publiques s’accumulent au jour le jour. Il faut craindre que les vannes de sécurité prévues dans le cadre d’une gestion orthodoxe des finances publiques ne cèdent à la très, forte pression exercée sur les maigres recettes du Trésor. Car les signaux de détresse sont bien visibles.

Au 20 novembre 2015, note la Troïka, les réserves internationales ont été à 1 469,58 millions USD, couvrant à peine 6,06 semaines d’importations des biens et services. Le solde mensuel du compte général du Trésor a été déficitaire de 87,760 milliards CDF. Le compte général du Trésor, en cumul annuel, a été déficitaire de 122,399 milliards CDF.

Ce n’est pas évident que les choses se normalisent à un (1) mois de la fin de 2015. Des analyses les plus réalistes tablent déjà sur un solde déficitaire du Trésor la fin de cette année.

RDC : 2016 impose à l’exécutif national plus d’orthodoxie

Parlant du financement du processus électoral nécessitant 1,2 milliards USD, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila a, dans son dernier message, rappelé que le gouvernement a octroyé un budget de 500 millions en 2016 que, reconnaît-il, « la capacité de mobilisation des recettes ne permet pas ».

Si la Troïka stratégique reconnaît qu’en 2015, la baisse des cours des minerais a eu un impact conséquent sur la croissance économique de la RDC, elle affirme avoir « exploré les stratégies à court, moyen et long terme pour garantir la résilience de l’économie congolaise, avec en toile de fond sa diversification ». Diversification ! On en parle depuis le début de l’année. Qu’est-ce qui a été fait jusque là, se demande-t-on ?

Face au tarissement des recettes publiques, cette réunion informelle soutient avoir préconisé des mesures de mitigation en vue de préserver les équilibres fondamentaux de l’économie congolaise. Quelles sont ces mesures et que prévoient-elles exactement, s’interrogent-t-on ?

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