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Monde : le prix des produits énergétiques devrait bondir de 24 % en 2026

Les marchés des matières premières s’orientent vers une année 2026 marquée par de fortes tensions sur l’énergie, avec des prix attendus en nette progression sous l’effet des perturbations d’approvisionnement et des contraintes logistiques liées au contexte géopolitique.
Cette projection est issue du nouveau rapport de la Banque mondiale, rendu public le mardi 28 avril 2026.
Intitulé « Commodity Markets Outlook », le rapport note que les prix des produits énergétiques devraient augmenter de 24 % en 2026, atteignant leur niveau le plus élevé depuis 2022. Le baril de Brent est projeté à 86 dollars en moyenne, contre 69 dollars en 2025, soit une progression de 24,6 %.
Malgré une détente attendue en 2027 autour de 70 dollars, les cours restent soutenus par des perturbations persistantes du transport maritime, notamment dans le détroit d’Ormuz, par où transite une part essentielle du pétrole mondial.
Le marché du gaz naturel évolue dans la même dynamique. En Europe, les prix devraient grimper de 25 % en 2026 avant de reculer de 20 % l’année suivante. Cette hausse s’explique par une concurrence accrue pour les cargaisons de gaz naturel liquéfié, dans un contexte de réduction de l’offre disponible. Aux États-Unis, la progression resterait plus modérée, estimée à 8 % en 2026.
Le charbon devrait également bénéficier de cet environnement, avec une hausse attendue de 20 % des prix, en raison d’un recours accru à cette ressource pour compenser les tensions sur le gaz dans la production d’électricité.
Au-delà de l’énergie, les autres segments de matières premières affichent aussi une orientation haussière. Les prix des métaux devraient progresser de 17 % en moyenne en 2026. Le cuivre atteindrait 12.000 dollars la tonne (+20,6 %), l’aluminium 3.200 dollars (+21,6 %) et le nickel 17.000 dollars (+12,1 %), portés par la demande liée aux infrastructures énergétiques, aux véhicules électriques et aux centres de données.
Les métaux précieux devraient connaître une envolée plus marquée encore. L’or est attendu à 4.700 dollars l’once (+36,6 %), l’argent à 70 dollars (+75,9 %) et le platine à 1.950 dollars (+52,5 %), dans un contexte d’incertitude qui renforce leur statut de valeur refuge.
Sur le segment agricole, la progression serait plus limitée. Les prix alimentaires devraient augmenter d’environ 2 % en 2026. Le blé (+4 %) et le maïs (+3,8 %) évolueraient modérément, tandis que le cacao (-51,3 %) et le café arabica (-14,4 %) enregistreraient des baisses significatives.
En revanche, les prix des engrais devraient bondir de 31 %, reflétant les perturbations affectant les principaux pays fournisseurs.
Au total, la Banque mondiale anticipe une hausse globale de 16 % des prix des matières premières en 2026.
Pour les analystes, la dynamique actuelle repose avant tout sur des contraintes d’accès plutôt que sur un déficit structurel de production. L’offre mondiale demeure globalement suffisante, mais les perturbations logistiques et géopolitiques en limitent la circulation.
Dans ce contexte, un prolongement des tensions au Moyen-Orient pourrait accentuer la pression sur les prix. Le baril de Brent pourrait alors évoluer dans une fourchette comprise entre 95 et 115 dollars, renforçant le rôle de l’énergie comme principal vecteur de transmission des chocs sur l’ensemble de l’économie mondiale.
Flory MUSISWA






















