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RDC : À Rubaya, l’exploitation minière illégale sous l’AFC-M23 provoque une nouvelle tragédie

Un nouveau glissement de terrain a frappé les sites miniers de Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Survenu à l’aube du 7 mars 2026, l’effondrement de galeries artisanales sur le site de Gakombe, également appelé Gatambi Kalambairo, a coûté la vie à plusieurs personnes, parmi lesquelles des nourrissons et des enfants. Des blessés sont également signalés et des habitations situées à proximité ont subi d’importants dégâts.
D’après les premières informations, l’accident s’est produit vers 4 heures du matin.
Les autorités congolaises expliquent que la catastrophe est intervenue « après des pluies diluviennes, dans un contexte de creusage intensif, non contrôlé et illégal ». Autrement dit, les galeries creusées artisanalement se sont effondrées sous l’effet combiné de la saturation des sols et de travaux miniers menés sans encadrement technique.
Rubaya occupe une place stratégique dans l’économie minière du Nord-Kivu. La zone est connue pour ses gisements de minerais très recherchés dans l’industrie mondiale. Pourtant, ce périmètre est officiellement classé zone rouge, ce qui signifie que toute activité d’extraction y est interdite en raison des risques sécuritaires et techniques.
Dans son communiqué, le Gouvernement rappelle que les activités observées sur ces sites « constituent dès lors une violation flagrante de la législation congolaise et des normes élémentaires de sécurité ».
Malgré cette interdiction, l’exploitation artisanale se poursuit dans des conditions extrêmement précaires.
Pour de nombreux analystes des conflits liés aux ressources naturelles, la situation de Rubaya illustre une mécanique bien connue dans certaines zones de guerre : les groupes armés prennent le contrôle des sites miniers afin d’en tirer des revenus. Les minerais extraits servent alors à financer les activités militaires et à maintenir une économie parallèle.
Kinshasa accuse la coalition AFC-M23, appuyée par le Rwanda, d’être au cœur de ce système.
Le Gouvernement congolais affirme que ces activités s’inscrivent dans « un système organisé et durable d’exploitation illégale des ressources naturelles […] afin d’alimenter une économie de guerre ».
Plusieurs experts du secteur minier condamnent cette logique. Ils rappellent que l’exploitation menée sous contrôle armé de l’AFC-M23 ne respecte ni les règles de sécurité ni les normes environnementales. Pour eux, les creuseurs artisanaux, souvent des civils vulnérables, se retrouvent contraints de travailler dans des galeries instables, exposés à des effondrements fréquents.
L’accès au site reste par ailleurs limité en raison de l’insécurité persistante, ce qui complique l’évaluation du bilan humain. Cette nouvelle tragédie survient quelques semaines seulement après d’autres accidents sur les mêmes sites, qui ont déjà coûté la vie à de nombreux creuseurs artisanaux.
Face à cette situation, le Gouvernement congolais annonce vouloir engager des poursuites contre les acteurs impliqués dans ces circuits illégaux. Il assure vouloir poursuivre « tous ceux qui bénéficient de près ou de loin de cette exploitation illégale des minerais ».
Au-delà du drame humain, l’affaire rappelle un enjeu central pour la République démocratique du Congo : le contrôle effectif de ses ressources naturelles.
Dans l’Est du pays, où les gisements sont parmi les plus convoités au monde, l’exploitation sous le contrôle de l’AFC-M23 continue d’alimenter l’instabilité, au prix, souvent, de vies civiles.
Flory MUSISWA
























