Sports
CDM 2026 : Les Léopards à l’épreuve d’un mardi exceptionnel

Ce mardi 31 mars 2026 à Guadalajara, au Mexique, les Léopards de la République démocratique du Congo jouent bien plus qu’un match face à la Jamaïque. Ils disputent un moment charnière, prévu à 22h de Kinshasa, à la croisée du sport, de la diplomatie et du rayonnement international.
Après 52 ans d’attente depuis leur unique participation à la Coupe du monde de la FIFA 1974, la RDC est à 90 minutes d’une qualification historique pour la Coupe du monde de la FIFA 2026. Une échéance qui mobilise autant les supporters que les observateurs des dynamiques d’influence globale.
Sur le plan sportif, les signaux sont au vert. L’attaquant Yoane Wissa rassure : « Je me sens bien, j’ai retrouvé la forme », tandis que Cédric Bakambu insiste sur la force du collectif et la maîtrise tactique. Une confiance assumée, reflet d’un groupe qui semble avoir atteint sa maturité.
Mais au-delà du terrain, l’enjeu est stratégique. Selon plusieurs analyses de cabinets spécialisés en diplomatie économique et en nation branding comme Brand Finance ou Bloom Consulting, les grandes compétitions sportives constituent des accélérateurs de visibilité internationale. Une qualification offrirait à la RDC une plateforme exceptionnelle pour renforcer son attractivité économique, son image et son soft power.
L’exemple du Maroc lors de la Coupe du monde de la FIFA 2022 reste emblématique : performance sportive et projection diplomatique ont convergé pour repositionner le pays sur la scène mondiale.
Malédiction du Mardi !
Reste un facteur irrationnel mais tenace dans l’imaginaire collectif : la « malédiction du mardi ». Cette perception s’est construite au fil de plusieurs rendez-vous manqués, inscrits dans une chronologie précise qui nourrit aujourd’hui le récit populaire. Le mardi 5 septembre 2017, au Stade des Martyrs, la RDC concède un nul frustrant (2-2) face à la Tunisie après avoir mené 2-0, compromettant sérieusement ses chances pour la Coupe du monde de la FIFA 2018. Le mardi 29 mars 2022, à Casablanca, les Léopards s’inclinent lourdement (4-1) contre le Maroc, scellant leur élimination pour la Coupe du monde de la FIFA 2022. Plus récemment, le mardi 9 septembre 2025, une défaite à domicile (2-3) face au Sénégal fragilise leur parcours vers la Coupe du monde de la FIFA 2026. Enfin, le mardi 6 janvier 2026, lors de la Coupe d’Afrique des nations 2025, l’élimination face à l’Algérie (0-1, but à la 119e minute) vient renforcer cette série défavorable. À travers ces dates, se dessine une régularité troublante : des matchs décisifs, des scénarios souvent cruels, et une incapacité récurrente à basculer du bon côté dans des moments clés.
Mais ce mardi pourrait être différent. Dans un pays où la résilience sociale est portée, entre autres, par la force des femmes, ce rendez-vous dépasse les statistiques. Il incarne une possibilité de rupture narrative.
Si les Léopards franchissent ce cap, ce ne sera pas seulement une victoire sportive. Ce sera un signal. Celui d’un pays capable de transformer ses talents en leviers d’influence, et son football en vecteur de diplomatie économique.
Flory MUSISWA






















