Tribune
La coopération sino-française, un pilier de la gouvernance climatique mondiale

TRIBUNE-La rencontre entre Wang Yi et Jean-Noël Barrot à Beijing marque une étape symbolique dans les relations bilatérales sino-françaises, mais aussi un engagement renouvelé en faveur du multilatéralisme climatique.
À l’occasion du 10e anniversaire de l’Accord de Paris, leur déclaration commune rappelle l’urgence d’une action collective face aux reculs de certains pays, comme le retrait à deux reprises des États-Unis respectivement en 2017 et en 2025. Cette coopération stratégique pourrait redéfinir les contours de la gouvernance environnementale globale.
D’abord, les deux pays ont un leadership complémentaire face aux défis climatiques.
La Chine et la France incarnent deux modèles de transition écologique.

D’un côté, la Chine, leader des énergies renouvelables et des véhicules électriques, mise sur une industrialisation verte massive. Son engagement à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060 s’appuie sur des innovations technologiques (solaire, éolien, biocarburants).
De l’autre coté, la France, avec son expertise nucléaire et ses technologies de captage de CO2, propose des solutions bas-carbone pour les industries lourdes.
Le partenariat récent entre Sinopec et TotalEnergies sur les carburants d’aviation durables (SAF) illustre cette synergie : la Chine apporte sa capacité de production à grande échelle, tandis que la France partage son savoir-faire en raffinage durable.
De plus, les deux pays ont pris des actions concrètes pour combler le vide laissé par les États-Unis.
Le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris en 2017 et celui de cette année laisse à chaque fois un vide stratégique dans la gouvernance mondiale du climat.
Trump a toujours eu une attitude sceptique envers le changement climatique, motivée par les intérêts du secteur traditionnel des énergies fossiles. On voit bien que la Chine et la France s’engagent à renforcer les mécanismes financiers climatiques, comme le Fonds vert pour le climat, en y intégrant des critères de transparence et d’efficacité.
Cette rencontre dépasse le cadre bilatéral et elle pose les bases d’un nouveau leadership climatique, où pragmatisme industriel et ambition écologique se conjuguent. Reste à voir si cette dynamique résistera aux tensions géopolitiques et aux lobbies fossiles. Une chose est sûre : sans de telles coopération multilatérale, l’objectif de 1,5 °C deviendra inatteignable.
Zhang Shanhui
Présentatrice et chroniqueuse de CGTN Français
Chercheuse au CCG (Center for China and Globalization )






















