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RDC : La coupure d’internet est nuisible à l’économie !

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[EDITO] – Au-delà de son caractère « liberticide », la coupure d’internet est une mesure dangereuse pour l’économie congolaise. Plus le pouvoir décidera de priver le peuple de cet outil indispensable, plus l’économie nationale en pâtira. Des pertes journalières sont évaluées à des millions de dollars américains tant dans les secteurs des télécoms, bancaire que des services. Cela entame aussi la réputation du climat des affaires en RDC. D’où, la nécessité de mettre fin à cette pratique radicale !

De l’économie formelle à l’informelle, la majorité d’activités dépend actuellement de l’internet. Un jour de privation d’internet est un coup dur asséné à l’économie du pays et aux finances publiques (à travers le paiement d’impôts, taxes et autres droits dus à l’Etat). Si cela se fait pour des « raisons » d’Etat, des voix s’élèvent pour demander au Gouvernement de recourir à d’autres mesures alternatives existantes que de prendre goût de cette coupure d’internet.

Le secteur de télécommunications, fournisseur d’internet mobile, est la principale victime de la coupure d’internet en RDC. Certains analystes estiment le chiffre d’affaire des sociétés (telle que Vodacom, Airtel, Orange/Tigo, ou Africell) constituant le manque à gagner pour les 3 jours à 1,5 millions USD alors que d’autres l’évaluent à plus de 2,5 millions USD. Dans cette spéculation, Zoom Eco a adressé un courrier à ces Télécoms pour chacune d’elle lui fournisse des vrais chiffres. Et ce, en fonction de son parc d’abonnés, de ses utilisateurs data et SMS.

La contrainte de n’effectuer que les appels téléphoniques directs réduit la liberté de communiquer de la plus grande masse des congolais, dont le pouvoir d’achat est déjà suffisamment rongé.

Le secteur bancaire est aussi victime de cette mesure qui cause du tort à l’économie nationale. Ce qui fait que les services E-Banking utilisés par une bonne partie de la clientèle des banques ne soient pas fonctionnels pendant la coupure d’internet. Il y a également les Terminaux de Paiement Mobile (TPM) utilisés généralement dans les supermarchés, restaurants, cafés, bars, hôtels, … Dans certains coins du pays, les messageries financières ne sont pas opérationnelles à cause d’internet. Encore faut – il intégrer les distributeurs automatiques (ATM) de certaines banques.

Heureusement que le recours aux mécanismes de basculement à des serveurs et providers extérieurs amorti ce choc. Toutefois, il nous parait difficile d’évaluer le volume des transactions constituant les pertes sèches occasionnées par cette coupure d’internet.

Les startups dont les activités dépendent d’internet sont à l’arrêt du fait de la mise en œuvre de cette mesure radicale. Dans le lot, les plates-formes des marchés en ligne (sites de ventes) et les sites d’information. Les médias en ligne, par exemple, sont tous contraints à un chômage technique et à une rupture de contrat de confiance qui les lient avec les lecteurs internautes du monde entier.

A cela s’ajoute des effets corollaires de cette mesure sur les activités des opérateurs économiques. Dans la foulée, certains ont vu leurs deals être retardés et/ou non conclus ou encore astreints au paiement d’énormes pénalités simplement à cause de l’incommunicabilité due à la coupure d’internet.

A tout prendre, des analystes sont d’avis que la décision de couper internet, peu importe la raison, serait un choix du Gouvernement traduisant son double consentement tacite : faire générer d’énormes pertes sèches aux opérateurs économiques et, de surcroît, renoncer à une quotité de revenus dus à l’Etat.

Deux coupures d’internet en 3 semaines, un total de 4 journées depuis le début de ce mois de Janvier 2018. C’est un record de coupures. Il est impérieux d’en arrêter là. Sinon, comment vouloir construire une économie prospère et poser, en même temps, des actes qui la détruisent ?

Eric TSHIKUMA | Zoom Eco

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