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RDC : Glencore et Randgold obligées de couper tout lien avec Dan Gertler !

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Glencore et Randgold Ressources, ces deux sociétés minières, sont contraintes de se séparer de Dan Gertler. Ce milliardaire israélien et 19 de ses sociétés font l’objet des sanctions du Trésor américain, depuis décembre 2017, en vertu de la loi Magnitsky de 2016 sur la responsabilité en matière de droits de l’homme. Face à la nécessité d’éviter des graves risques sur le plan financier et juridique, ainsi que pour leur réputation, ces géants miniers sont obligés de se plier.

Les enjeux sont particulièrement importants pour deux entreprises qui entretiennent actuellement des relations avec Gertler : le géant suisse du commerce des matières premières Glencore et la société aurifère Randgold Resources, basée au Royaume-Uni.

Glencore

Cette société a entretenu un partenariat controversé de dix ans avec Gertler au Congo et, au moins jusqu’en décembre, elle lui a versé des redevances dans le cadre de deux projets. Elle a déclaré à Global Witness qu’elle « réfléchissait encore à la position à adopter par rapport aux obligations contractuelles préexistantes qu’elle a envers des sociétés appartenant à M. Gertler ».

Elle a écrit qu’elle « n’a effectué aucun versement à des entités appartenant à M. Gertler depuis que [son nom] figure sur la liste » de l’OFAC et qu’elle « respecte et adhère à toutes les sanctions applicables ».

Alors que Glencore réfléchit à sa position, des questions fondamentales demeurent.

Par exemple : les contrats seront-ils suspendus, résiliés ou annulés ? Les redevances s’accumuleront-elles, avec intérêts, sur un compte séquestre, Gertler pouvant alors les récupérer si son nom est retiré de la liste ? Seront-elles redirigées par l’intermédiaire d’une banque non américaine dans une devise autre que le dollar ? Ou peut-être seront-elles réacheminées vers une société anonyme basée dans une juridiction secrète non américaine, dont les propriétaires réels sont pratiquement impossibles à identifier.

Tous ces scénarios sont possibles et les investisseurs de Glencore devraient exiger que la clarté soit faite sur ce qui se passe exactement.

Randgold resources

Cette société cotée sur le marché boursier américain du NASDAQ, a conclu un accord pour financer et mener une exploration dans le cadre du projet aurifère de Moku-Beverendi contrôlé par Gertler, en vertu duquel elle pourrait gagner une participation de 51% dans le projet Moku si elle trouve des réserves prometteuses.

Bien que ni Moku-Beverendi ni son actionnaire majoritaire Moku Goldmines ne figurent sur la liste de sanctions, ces deux sociétés tombent automatiquement sous le coup de la loi américaine en vertu de la règle des 50% de parts ou de contrôle mise en place par l’OFAC.

Randgold n’a pas réagi à la demande de Global Witness sollicitant ses commentaires. Néanmoins, le PDG de Randgold, Mark Bristow, a déclaré à Bloomberg que sa société avait « invoqué la force majeure […] nous ne pouvons pas envisager de transactions [avec Moku] sous quelque forme que ce soit. Nous sommes une entreprise internationale et nous n’allons tout simplement pas compromettre cela ». Randgold « attend une réponse » des sociétés de Gertler.

Cesser toute collaboration

Randgold semble prendre des mesures pour mettre un terme à ses relations, mais Glencore lui emboîtera-t-elle le pas ? Une chose est évidente. Poursuivre des relations commerciales avec Gertler exposerait Glencore, Randgold et leurs actionnaires à d’énormes risques sur le plan financier et juridique, ainsi que pour leur réputation.

Tant Glencore que Randgold doivent pleinement respecter les sanctions et expliquer à l’OFAC, à leurs investisseurs et au grand public ce qu’elles ont prévu de faire pour mettre un terme définitif à leurs relations commerciales avec Gertler.

A RE(LIRE) : Les 19 entités liées à Dan Gertler sous les sanctions des USA !

Les investisseurs doivent déterminer et évaluer si les sociétés dans lesquelles elles investissent sont pleinement en conformité et renoncent à tout investissement en lien avec les personnes visées par des sanctions.

Le véritable impact des sanctions de décembre dépendra de la façon dont les sociétés et les investisseurs choisissent de s’y conformer, ainsi que de la capacité des autorités américaines à contrôler et à assurer leur mise en œuvre. L’intégrité du système financier mondial repose sur ces deux éléments, mais elle sera au final tributaire de son maillon le plus faible.

Les représentants de Gertler au sein du cabinet de relations publiques Powerscourt, basé à Londres, ont déclaré que leur client n’avait aucun commentaire à émettre à propos des sanctions. Gertler a toujours nié avoir commis un quelconque acte préjudiciable dans le cadre de ses transactions commerciales au Congo.

(Avec The Hill/GW) via Zoom Eco

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