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Michel Losembe : « Le secteur privé congolais doit sortir de son isolement »

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A l’heure où les entreprises se mondialisent et l’Afrique se réveille, personne ne peut vouloir évoluer dans l’autarcie. Michel Losembe, cet entrepreneur et banquier de renom, a lancé un vibrant appel au secteur privé congolais à se mettre au diapason. Il est l’un des dix opérateurs économiques de la RDC que Zoom Eco a rencontrés à Abidjan dans le cadre de la sixième édition du Africa Ceo Forum 2018. Ci-dessous, l’intégralité de l’entretien :

Zoom Eco : Vous appelez le secteur privé congolais à sortir de son isolement, pourquoi?
Michel Losembe : Le Africa Ceo Forum est un endroit où l’on rencontre des dirigeants des entreprises, des actionnaires des sociétés et des décideurs publics de l’Afrique francophone et maintenant anglophone. A l’heure de la mondialisation économique, personne n’est capable de fonctionner à frontières fermées.

Pendant que l’Asie commercialise ses produits en Afrique, en Amérique latine et en Europe ; la technologie américaine se retrouve en Chine ; et que les sociétés se mondialisent, … nous avons un grand problème chez nous au Congo. C’est l’isolement. Et cet isolement provient de plusieurs facteurs.

ZE : Lesquels?
ML : D’abord, la structure de notre économie. Nous avons une économie embryonnaire qui est restée sur le mode de fonctionnement paternaliste que le colon avait établi à l’époque. Une économie qui s’articule sur les grandes entreprises publiques et un secteur privé qui tourne autour du fonctionnement de l’Etat. Mais, nous sommes un pays qui a une vocation à fonctionner aussi bien à l’importation qu’à l’exportation !

Nous sommes maintenant la cinquième génération depuis l’indépendance avec quatre générations qui ont fait des études universitaires. Et nous sommes à l’heure d’internet. Donc, nous devons aujourd’hui, si nous ne voulons pas disparaître, nous mettre au diapason.

L’Afrique est en train de se réveiller, elle émerge. Tout le monde le constate. Mais, la RDC, en plus de son isolement institutionnel, rend les choses très difficiles.

ZE : Qu’est ce qui vous motive à participer à ce genre de rencontres internationales pour parler émergence de l’Afrique portée notamment par son secteur privé?
ML : Je suis ici, avec quelques entrepreneurs du réseau Makutano qui ont fait le déplacement pour voir comment les autres fonctionnent. Qu’est-ce qu’ils font? Quels sont les dispositifs réglementaires légaux et les différents programmes que leurs gouvernements et leurs responsables publics mettent en place pour les aider à émerger. Et puis parler business avec les autres pour l’expansion de nos activités. C’est ça l’idée !

ZE : Et comment le secteur privé congolais peut arriver à sortir de cet isolement qui le limite?
ML : Les entrepreneurs congolais devraient saisir des opportunités comme celle du Africa Ceo Forum, pour aller dans différents pays notamment ceux qui ont des caractéristiques communes aux nôtres (par la langue, les types de composantes économiques telles que les mines, l’agriculture, etc.).

Ils sont obligés d’aller voir comment les grandes villes sont en train de se constituer, comment les secteurs privés de ces pays évoluent pour forger leur vision de la nouvelle dynamique d’affaires, la contextualiser et venir l’exécuter chez nous.

Et en même temps réussir à voir un effet de levier, lequel effet se fait avec des partenariats à négocier et/ou conclure à la suite de ce genre de rencontres. C’est un espèce de transfert des connaissances et d’élargissement d’opportunités d’affaires qui est indispensable pour sortir de notre économie de survie aujourd’hui.

Fin.

Propos recueillis par Eric TSHIKUMA | Zoom Eco

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