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PFBC 2024 : le partenariat public-privé s’impose en matière d’exploitation forestière (CIFOR)

Le Centre de recherche sur les forêts (CIFOR) insiste sur l’amélioration de la collaboration entre les concessionnaires forestiers et le pouvoir public pour accélérer le développement des communautés locales.
D’après Raphaël Tsanga, chercheur au CIFOR, les mécanismes de financement mis en place n’arrivent pas à inverser la tendance en matière de lutte contre la pauvreté.
Il l’a fait savoir lors d’un panel organisé, le mercredi 5 juin 2024, à Kinshasa en marge de la 20ème Réunion des parties du partenariat pour les forêts du bassin du Congo.
« L’exploitation forestière telle qu’elle est organisée, elle comporte une dimension très importante en termes de contribution au développement socio-économique des populations qui vivent dans et autour des concessions forestières. C’est la raison pour laquelle de nombreux concessionnaires, en accord avec les dispositions légales, mettent en place des fonds de développement qui sont financés par le prélèvement sur leur production. Et ces prélèvements varient de 2 à 5 dollars américains par mètre cube. Mais il se trouve que ce mécanisme de financement n’arrive pas à inverser la tendance en matière de lutte contre la pauvreté. C’est-à-dire que le développement socio-économique qu’on avait espéré en mettant en place ce mécanisme, n’a pas suivi. Et ceci peut s’expliquer par plusieurs raisons notamment la faiblesse des montants qui sont reversés aux communautés locales. Lorsqu’on sait qu’aujourd’hui les zones rurales sont de plus en plus peuplées avec la croissance démographique. Il se trouve qu’on a une adéquation entre les ressources financières disponibles et les besoins en développement exprimés par les populations locales. », a indiqué Raphaël Tsanga.

En guise de réponse à cette situation, Raphaël Tsanga estime qu’il faudrait une articulation des contributions au développement socio-économique à la fois des concessionnaires et de l’Etat.
« Comme solution, il s’agit d’articuler à la fois, les contributions des concessionnaires mais aussi l’apport des États dans l’amélioration des conditions de vie. La mise en commun de tous ces partenaires notamment public et privé va contribuer à améliorer de manière significative les conditions de vie de la population locale. », souigne Raphaël Tsanga.
Pour sa part, Guillaume Lescuyer a relevé la tendance de plus en plus visible à la déforestation dans plusieurs concessions forestières.
« Il ressort de cette réflexion qu’un certain nombre des concessions forestières sont de plus en plus touchées par la déforestation. Donc de manière générale, un certain nombre d’entre elles et pas toutes, les concessions forestières ne font pas une démonstration de conservation des ressources pour la génération future. La question est maintenant de savoir qu’est-ce qu’on fait avec ces concessions ? Est-ce qu’on les laisse se dégrader ou on en fait autre chose avec un autre mode d’exploitation et de gestion de ces espaces? », s’est-il interrogé.
Il n’y a pas de solution magique, estime Guillaume Lescuyer.
D’après lui, la solution à apporter est dépendante du contexte.
Il pense par ailleurs qu’il faut avoir d’autres acteurs qui ne sont pas des exploitants industriels, qui ont besoin d’avoir des grandes surfaces, de grands volumes parce qu’ils ont des engins soit peut-être réfléchir à d’autres modèles d’exportation des ressources forestières notamment le semi-industriel avec des engins plus simples et moins coûteux voire l’exploitation artisanale qui est extrêmement présente en RDC, où on a des exploitants artisanaux qui ont une tronçonneuse.

En ce qui concerne la participation de CIFOR à cette 20ème réunion des parties du PFBC, Guillaume Lescuyer a indiqué que cela est une preuve évidente que la recherche forestière participe au débat sur l’avenir du secteur forestier d’Afrique centrale.
« La participation de CIFOR a été importante avec beaucoup d’ateliers organisés et des participations dans d’autres ateliers. Cela démontre que la recherche forestière participe au débat sur l’avenir du secteur forestier en Afrique centrale avec tout un tas de questions auxquelles on essaie d’apporter des réponses. », a conclu Guillaume Lescuyer.
Nadine FULA





















