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RDC : JED plaide pour la viabilité économique des médias

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RDC : JED plaide pour la viabilité économique des médias

L’ONG Journaliste en Danger (JED), a lancé ce mardi 8 septembre 2020 un atelier de réflexion à Kinshasa autour du thème: “évaluation de la situation globale de l’exercice de la liberté de la presse en RDC”.

Plusieurs experts médias ont défilé exploitant chacun une matière spécifique.

Au nom de l’ONG Journaliste en danger en Danger en collaboration avec Internews, le secrétaire général, Tshivis Tshivuadi, a rappelé que cet atelier a été recalé de 6 mois à cause de la pandémie de COVID-19.

Après travaux et réflexions en atelier, l’ONG Journaliste en Danger et le groupe d’experts des médias ont formulé plusieurs recommandations à l’endroit de pratiquants de la profession ainsi qu’aux autorités du pays.

JED propose l’organisation d’une table ronde entre la corporation et les autorités politiques afin de tabler sur les problèmes de la profession. Il s’agit notamment de réfléchir à mettre en place un modèle de viabilisation économique des médias. Pour ce faire, JED milite pour que les aides directes et indirectes de l’Etat à la presse deviennent une réalité telles que reconnues par les lois en vigueur.

A l’occasion de cet atelier, Journaliste En Danger a dénoncé des cas de séquestration des journalistes. Même si l’organisation de défense des droits des journalistes salue l’initiative de l’auditeur de la Cour militaire de Mbuji-Mayi qui a convoqué le Gouverneur de Sunkuru pour avoir fait molester les journalistes et ordonner la fermeture de la chaîne publique.

Il va de soi que JED souhaite des réformes au plan juridictionnel. La structure tient à la refonte totale de la Loi 002/96 du 22 juin 1996 portant exercice de la liberté de presse en RDCongo. Cette organisation de défense des droits des journalistes estime que cette loi n’est plus adaptée aux évolutions actuelles dans l’exercice du métier de la presse. La loi en vigueur tombe caduque compte tenu du contexte actuel. Ainsi, JED et les experts médias s’appuient sur le fait que cette loi ne prévoit aucune disposition légale pouvant réglementer le secteur des médias en ligne. Ils s’insurgent contre le fait que sur Internet, plusieurs émissions sont tournées sans aucun respect de l’éthique et de la déontologie du journaliste. L’autre aspect qui concourt à la refonte de la loi 002/96 est le fait que cette loi définit le journaliste comme celui qui collecte, traite et diffuse l’information. Cette manière simpliste de définir le journaliste, favorise, d’après le groupe d’experts médias et JED, l’octroi des cartes de presse à n’importe quelle personne par l’Union Nationale de la Presse Congolaise ( UNPC).

En outre, JED envisage de mener des profondes réflexions sur les conditions d’accès à la profession de journaliste en RDCongo. Le métier de journaliste en RDC est pris en otage et miné par des moutons noirs qui en ont sapé la crédibilité. Bien que le champ journalistique soit ouvert, il doit y avoir de mécanismes pour y accéder.

En même temps, JED a sollicité le renouvellement du moratoire sur les arrestations et les emprisonnements des journalistes. Ce moratoire a été fixé avec l’appui de l’ancien Garde des Sceaux, M. Masudi.

Cet atelier a été également marqué par les contributions de plusieurs spécialistes sur les questions des médias.

Le Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), M. Tito Ndombi, a résumé son intervention en ces termes : “On ne peut pas garantir la liberté d’expression sans garantir la qualité du journaliste“. Et d’expliciter : Comme pour dire qu’il s’observe un journalisme de spectacle dans notre paysage médiatique. Une occasion pour lui de décourager les gens qui s’auto-proclament journalistes sans fréquenter l’école de journalisme ou encore moins travailler pendant longtemps dans une rédaction pour acquérir l’expérience.

De son côté, Me Godefroid Kabongo, est intervenu sur les réformes du cadre légal autour de l’exercice de la liberté de la presse en République Démocratique du Congo. L’orateur a exploré les deux lois qui régissent la presse en RDC. Il s’agit de la Loi 011/0011 du 10 janvier 2011 sur le CSAC, et de la Loi 002/96 du 22 avril 1996 portant exercice de la liberté de presse en RDC. L’avocat Godefroid Kabongo a indiqué par exemple, que la Loi organique sur le CSAC de 2011 prime sur celle de 1996, car elle reste ordinaire. Et de renchérir que, si le journaliste commet une infraction, le bon droit souhaiterait qu’il soit jugé non en fonction du Code Pénal mais plutôt suivant la Loi Organique de 2011.

La troisième intervention, assurée par le journaliste Faustin Kuediasala, a porté sur la viabilisation économique des entreprises de presse. Pour cet orateur, il n’existe presque pas d’organes de presse viable en RDC. Tous les organes des médias ne disposant d’aucun modèle économique, ces médias sont incapables de vendre ne fût-ce que 1000 exemplaires dans une ville de près de 15 millions d’habitants, regrette-t-il.

La quatrième et dernière intervention a été rassurée par l’honorable Sénateur Didier Mumengi. Ce dernier s’est appesanti sur l’état de la gouvernance démocratique en RDC. En bon philosophe, Didier Mumengi a résumé son intervention sur une interrogation adressée à l’auditorium. Quel domaine de la vie nationale devons-nous impérativement ou urgemment améliorer, a-t-il demandé. En réaction,
les participants, à l’unanimité, s’étaient accordés sur le renforcement de la justice. Comme pour dire, la justice élève une nation.

Julien MAO MAMPO

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