Afrique
Afrique : les volumes de fret aérien chutent de 5,7 % en février 2025

Les transporteurs aériens africains ont enregistré une baisse de 5,7 % des volumes de fret en février 2025 par rapport à la même période en 2024, selon les données de l’Association du transport aérien international (IATA).
Cette contraction, accompagnée d’un recul de 0,6 % de la capacité de fret, intervient dans un contexte mondial marqué par une tendance baissière du transport aérien de marchandises.
Un recul préoccupant pour l’Afrique
Alors que certaines régions comme l’Asie-Pacifique (+5,1 %) et l’Amérique latine (+6 %) ont enregistré des hausses, les transporteurs africains rejoignent ceux de l’Amérique du Nord (-0,4 %), de l’Europe (-0,1 %) et surtout du Moyen-Orient (-11,9 %) dans cette dynamique négative.
L’Afrique se retrouve ainsi dans une situation contrastée par rapport à l’année 2024, où elle avait bénéficié d’une croissance de 8,5 % du fret aérien, alimentée par une reprise économique post-Covid et un dynamisme du commerce intra-africain.
Les causes du ralentissement
Selon des experts en logistique et en transport, cette baisse pourrait être attribuée à plusieurs facteurs :
– Un ralentissement du commerce intra-africain, notamment en raison de la persistance des barrières douanières et logistiques malgré la mise en œuvre de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine).
– Une diminution des exportations de produits stratégiques, comme les matières premières minières et agricoles, fortement dépendantes des cycles économiques mondiaux.
– Une baisse de la demande mondiale, notamment en Europe et en Chine, deux marchés clés pour les exportations africaines.
– La volatilité des coûts opérationnels, avec une hausse des prix du carburant et des frais aéroportuaires qui affecte directement la rentabilité des compagnies africaines.
Quelles répercussions sur l’économie ?
La contraction du fret aérien a des implications directes sur l’économie régionale. Moins de transport signifie moins de fluidité pour les échanges commerciaux, ce qui peut impacter les secteurs agricoles, miniers et industriels, très dépendants de l’exportation rapide des marchandises périssables ou à forte valeur ajoutée.
De plus, si cette tendance se maintient, cela pourrait freiner les investissements dans les infrastructures aéroportuaires et logistiques en Afrique, un domaine pourtant clé pour le développement économique du continent.
Un avenir incertain, mais des perspectives de redressement
Malgré cette contraction, l’IATA prévoit une croissance mondiale du fret de 5,8 % en 2025, ce qui laisse espérer un rebond pour l’Afrique si les conditions économiques s’améliorent.
Pour y parvenir, les experts recommandent :
– Une accélération des réformes logistiques pour faciliter le commerce intra-africain.
– Un renforcement des infrastructures aéroportuaires, notamment dans les hubs régionaux comme Addis-Abeba, Johannesburg et Nairobi.
– Une diversification des exportations, avec une montée en gamme dans les produits manufacturés et les biens à forte valeur ajoutée.
Si ces ajustements sont mis en œuvre, l’Afrique pourrait non seulement rattraper sa baisse actuelle, mais aussi tirer parti de la reprise mondiale pour redevenir un acteur dynamique du transport aérien de fret.
Flory Musiswa
























