Afrique
Afrique subsaharienne : 4,1% de croissance attendue en 2025 malgré les vents contraires mondiaux

L’Afrique subsaharienne affiche une croissance économique stable dans un contexte mondial marqué par des vents contraires.
Selon les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le PIB régional devrait progresser de 4,1 % en 2025, avant une légère reprise en 2026, soutenue par une stabilisation macroéconomique progressive et des réformes engagées dans plusieurs économies clés.
Une performance notable, alors que la région fait face à une conjoncture extérieure exigeante : ralentissement de la croissance mondiale, divergence des prix des matières premières et restrictions persistantes sur les conditions d’emprunt.
Intitulé « Perspectives économiques régionales » du FMI, le document, publié en marge des Assemblées annuelles des institutions de Bretton Woods,
renseigne que la dynamique de croissance reste contrastée.
Les pays exportateurs de pétrole verront leur activité ralentir à 3,65 %, en raison de la baisse des cours mondiaux, tandis que les pays importateurs profiteront d’un rebond plus marqué à 4,67 %, porté par la vigueur des prix du cuivre, du cacao, du café et de l’or.
Dans l’ensemble, la résilience affichée par la région masque toutefois des vulnérabilités profondes : monétaires, budgétaires, financières et externes, qui pourraient fragiliser les équilibres macroéconomiques si elles ne sont pas maîtrisées.
Les conditions de financement international se sont légèrement assouplies, permettant à certains États comme Kenya et Angola de retourner sur les marchés obligataires internationaux. Mais la dégradation du paysage commercial et de l’aide internationale complique la donne. La hausse des droits de douane américains et l’expiration des préférences prévues par la African Growth and Opportunity Act (AGOA) pèsent sur les perspectives d’exportation. En parallèle, la forte contraction annoncée de l’aide étrangère accroît la pression sur les pays fragiles et à faible revenu, limitant leurs marges budgétaires.
Pour consolider les gains de résilience, le FMI insiste sur deux leviers majeurs : mobiliser davantage de recettes intérieures et renforcer la gestion de la dette. Ces mesures devraient permettre de stabiliser les équilibres macroéconomiques tout en finançant les besoins essentiels en matière de développement.
Dans ce paysage régional, République Démocratique du Congo (RDC) illustre bien le double visage de cette dynamique : un fort potentiel porté par la vigueur du secteur minier et des réformes monétaires en cours, mais une forte exposition aux aléas extérieurs et une faible marge budgétaire.
Si la stabilisation de sa monnaie et la poursuite des réformes fiscales se confirment, le pays pourrait mieux absorber les chocs externes.
À l’inverse, toute dégradation prolongée des cours des matières premières risquerait d’éroder ses gains de croissance et de fragiliser sa trajectoire économique.
Flory MUSISWA
























