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Afrique

Afrique subsaharienne : 600 millions d’africains sans électricité, la RDC au cœur d’un paradoxe énergétique

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À ces jours, les statistiques renseignent que moins de 10 % de la population congolaise dispose aujourd’hui d’un accès à l’électricité. Un chiffre qui chute à moins de 1 % en zones rurales, quand les grandes villes, comme Kinshasa, plafonnent à 50 %. Un constat alarmant dans un pays qui abrite le fleuve Congo et le site du Grand Inga, présenté comme le plus grand potentiel hydroélectrique au monde, mais dont la réalisation nécessiterait plus de 100 milliards de dollars d’investissements.

‎L’accès à une énergie fiable et abordable reste pourtant une condition sine qua non pour alimenter l’Afrique, transformer ses économies et répondre aux aspirations de développement des populations. C’est l’ambition portée par Mission 300, une initiative conjointe de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et de partenaires internationaux. Objectif : raccorder 300 millions de personnes d’ici 2030 en Afrique subsaharienne, où le déficit énergétique reste l’un des plus criants au monde.

‎En République Démocratique du Congo (RDC), un rapport du réseau Mwangaza met en avant un « paradoxe congolais » : détenir l’un des plus grands gisements hydrauliques de la planète et figurer parmi les pays les moins électrifiés.

D’après la source, les défis sont multiples :

– ‎Cadre légal et institutionnel encore jugé peu attractif pour les investisseurs ;

– ‎Faible financement pour les projets structurants comme Inga ;

– ‎Infrastructures vétustes, fragiles face aux aléas climatiques ;

– ‎Transition énergétique lente, freinée par la dépendance au diesel et aux générateurs.

‎Selon les experts, chaque 1 % d’augmentation des coupures électriques entraîne en moyenne une perte de 3,5 % de productivité pour les entreprises.

En République Démocratique du Congo, les délestages massifs poussent les ménages comme les industries à recourir à des groupes électrogènes, coûteux et polluants, minant ainsi la compétitivité économique.

‎Le coût des dommages liés aux phénomènes climatiques pèse déjà lourd : jusqu’à 1,5 milliard USD par an sur le secteur électrique en Afrique subsaharienne.

Dans ce contexte, sans investissements massifs, la promesse d’Inga risque de rester un mirage.

‎« Il ne suffit pas d’avoir les chutes les plus puissantes du monde, il faut un modèle de financement viable, des réformes profondes et une volonté politique claire », commente un analyste énergétique basé à Kinshasa.

‎Alors que le continent s’engage dans une course contre la montre pour électrifier ses populations et soutenir la croissance, la RDC incarne à la fois le pays de tous les possibles et celui des grands rendez-vous manqués.

Le dossier Inga reste emblématique : un projet qui pourrait alimenter une grande partie de l’Afrique, mais dont la concrétisation dépendra de la capacité du pays à attirer des capitaux et à bâtir une gouvernance énergétique crédible.

Flory MUSISWA

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