Afrique
Afrique subsaharienne : 970 millions de personnes toujours privées de cuisson propre

L’accès à l’énergie en Afrique subsaharienne ne se résume plus à l’électricité. Selon le rapport « Tracking SDG 7: The Energy Progress Report 2026 », publié conjointement par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’OMS, l’IRENA et les Nations unies, près de 970 millions d’habitants de la région ne disposent toujours pas de solutions de cuisson propres en 2024, soit 48,5 % du déficit mondial.
À l’échelle mondiale, 2 milliards de personnes cuisinent encore avec du bois, du charbon de bois ou d’autres combustibles polluants.
Si les tendances actuelles se maintiennent, 1,8 milliard de personnes resteront privées de cuisson propre en 2030, dont une majorité en Afrique subsaharienne.
Le rapport prévient même que la région pourrait franchir le seuil du milliard de personnes concernées dès 2027, la croissance démographique progressant plus vite que les nouveaux raccordements.
Le contraste est frappant avec l’Asie. Depuis 2010, l’Inde représente à elle seule environ 40 % des progrès mondiaux en matière d’accès à la cuisson propre, devant la Chine (30 %) et l’Indonésie (10 %).
À l’inverse, dans plusieurs pays africains, dont la RDC, l’Éthiopie, Madagascar, le Mali, le Mozambique, le Niger, l’Ouganda et la Tanzanie, moins d’un ménage sur dix utilise principalement des combustibles propres pour cuisiner.
Le rapport rappelle également que cette précarité énergétique reste avant tout rurale. Sur les 2 milliards de personnes privées de cuisson propre dans le monde, 1,5 milliard vivent en milieu rural, où les infrastructures, les revenus et les chaînes d’approvisionnement demeurent insuffisants.
Cette situation s’ajoute au déficit d’accès à l’électricité.
Les dernières données de la Banque mondiale et de la BAD montrent que 563 millions des 655 millions de personnes privées d’électricité dans le monde vivent en Afrique subsaharienne, soit près de 86 % du déficit mondial.
Face à cette réalité, l’initiative Mission 300, portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, vise à raccorder 300 millions d’africains à l’électricité d’ici 2030.
À ces jours, plus de 50 millions de personnes ont déjà été connectées à travers une quarantaine de pays, mais l’objectif reste insuffisant pour résorber l’ensemble du déficit énergétique du continent, renseignent la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.
Le rapport révèle par ailleurs que la transition énergétique africaine dépend autant de la cuisson propre que de l’électrification.
Selon les auteurs, sans solutions de cuisson modernes, des centaines de millions de ménages continueront d’utiliser la biomasse, avec des conséquences sur la santé, la déforestation, les émissions de gaz à effet de serre et la productivité économique.
Pour les institutions internationales, atteindre l’Objectif de développement durable n°7 nécessitera donc de mener de front les investissements dans les réseaux électriques, les combustibles propres et les infrastructures rurales, afin que l’accès à une énergie moderne profite réellement à l’ensemble des populations.
Flory MUSISWA























