Afrique
Zambie : Les entreprises minières chinoises paient en yuans, un casse-tête fiscal pour l’État

Depuis octobre 2025, les sociétés minières chinoises opérant en Zambie peuvent régler une partie de leurs redevances et impôts en yuans, et plus uniquement en dollars.
La Banque de Zambie a officiellement validé ce basculement, faisant du pays le premier en Afrique à accepter cette monnaie pour les taxes minières.
Dans un pays qui reste le deuxième producteur africain de cuivre, cette décision marque un tournant monétaire et industriel.
Les exploitants ont désormais le choix : payer en dollars ou en renminbi, que la banque centrale convertit ensuite en kwacha. Un taux de change officiel yuan–kwacha a été publié pour fluidifier les transactions.
Officiellement, l’objectif est double : sécuriser des réserves en yuans pour alléger le service de la dette chinoise et réduire la pression sur les réserves en dollars, historiquement fragiles.
Mais cette nouveauté ne simplifie pas la fiscalité. Les experts avertissent que la coexistence de plusieurs monnaies pour les paiements peut brouiller la prévisibilité des recettes et compliquer la gestion budgétaire. Les conversions, la fixation des taux et la liquidité du renminbi local sont autant de variables susceptibles de créer des frictions, voire des malentendus entre l’État et les entreprises.
Le changement de devise reflète aussi le poids croissant des opérateurs chinois sur le secteur minier. Si les groupes canadiens continuent de dominer la production, les sociétés chinoises investissent des milliards pour étendre leurs capacités, au moment où le cuivre connaît sa plus forte hausse annuelle depuis 2009. Le paiement des taxes en yuan consolide leur influence industrielle et financière sur le pays.
En résumé, la Zambie ne se contente pas de changer de devise. Elle ouvre la voie à une internationalisation monétaire, renforce l’influence chinoise, mais complexifie sa fiscalité, posant un vrai défi de gestion pour l’État, glisse un expert du secteur contacté par zoom-éco.net.
Flory MUSISWA























