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Conférence des États Parties à Vienne : la RDC met en avant ses avancées en matière de lutte contre la corruption

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Du 16 au 20 juin 2025, la République Démocratique du Congo (RDC) a pris part à une rencontre de haut niveau dans le cadre du Groupe d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la Corruption, lors de la reprise de la 16e session tenue à Vienne, en Autriche.

Ce rendez-vous stratégique a réuni les représentants des États Parties, des experts internationaux et les principales agences de lutte contre la corruption à travers le monde.

La délégation congolaise, conduite par Bénie-Laure Kamwiziku Kusanzakana, Coordonnatrice adjointe de l’Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC), a présenté une déclaration forte mettant en avant les progrès accomplis par la République Démocratique du Congo dans la lutte contre la corruption et la promotion de la transparence.

Dans son allocution, Madame Kamwiziku a rappelé que la RDC a franchi d’importants jalons, notamment sur les plans législatif et institutionnel, en conformité avec les chapitres II et III de la Convention onusienne portant respectivement sur les mesures préventives et la répression des actes de corruption.

Parmi les principales avancées évoquées figurent :

– Le Décret n°25/15 du 9 avril 2025 sur la déclaration obligatoire du patrimoine des agents publics et de leurs proches ;

– Le Décret n°25/12 du 24 mars 2025, instaurant la numérisation des procédures judiciaires pour les juridictions commerciales ;

– L’élaboration d’un manuel de procédures de déclaration du patrimoine par l’OSCEP (Observatoire de Surveillance de la Corruption et de l’Éthique Professionnelle).

– La RDC a également soumis au Parlement un avant-projet de loi spéciale anticorruption, élaboré par l’APLC. Ce texte propose notamment :

– L’imprescriptibilité des infractions de corruption ;

– La reconnaissance de l’enrichissement illicite comme infraction autonome ;

– La protection renforcée des lanceurs d’alerte ;

– La possibilité d’accorder des gratifications aux dénonciateurs ;

– L’intensification des sanctions pénales à l’encontre des auteurs.

Par ailleurs, un projet de loi portant création d’un Tribunal pénal économique et financier, ainsi qu’un parquet spécialisé dans la répression de la délinquance économique, est en cours d’examen au Parlement.

Dans une approche inclusive, la RDC a également lancé des actions de vulgarisation et de sensibilisation ciblant différentes catégories d’agents publics : magistrats, membres du cabinet du Chef de l’État, inspecteurs de l’IGF ou de la DGI. Elle a introduit dans les programmes scolaires des modules d’éducation à l’intégrité et à la lutte contre la corruption, de la maternelle à l’université.

Le Gouvernement, par le biais de l’APLC, a en outre renforcé les mécanismes de dénonciation grâce à la ligne bleue anticorruption 158, un numéro gratuit et accessible à tous, fonctionnant 24h/24, permettant aux citoyens de signaler de manière anonyme les cas de corruption auprès des autorités compétentes. Ce dispositif est couplé à un centre d’écoute sécurisé chargé de traiter, orienter et suivre les plaintes reçues.

Au-delà des questions techniques, la délégation congolaise a mis à profit cette tribune internationale pour dénoncer la situation dramatique dans l’Est du pays.

Madame Kamwiziku a pointé du doigt les exactions et atrocités commises par des groupes armés, soutenus par certains pays voisins, qui utilisent notamment le viol comme arme de guerre, tout en étant liés à des réseaux de corruption transnationale.

« La communauté internationale ne peut rester indifférente face à ce génocide silencieux, avec plusieurs millions de morts », a-t-elle martelé, appelant à une mobilisation globale pour mettre fin à cette tragédie humaine.

Fidèle à ses engagements internationaux, la RDC a déjà présenté ses listes d’auto-évaluation pour les deux cycles d’examen de la mise en œuvre de la Convention. Elle a récemment actualisé son rapport du second cycle.

Par ailleurs, elle a été désignée, par tirage au sort, comme pays examinateur de Sao Tomé-et-Principe, un signe de reconnaissance de son engagement et de son sérieux dans le processus.

Enfin, la RDC a mené avec succès une mission d’évaluation à Conakry, dans le cadre du dispositif d’examen par les pairs, témoignant de sa participation active au système international de lutte contre la corruption.

Mitterrand MASAMUNA

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