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RDC : 210 millions USD envolés, KoBold Metals ouvre une brèche dans le verrou de Manono

Le lithium congolais, longtemps prisonnier des arbitrages et conflits d’intérêts, retrouve une perspective stable avec l’arrivée de KoBold Metals. Mais derrière l’enthousiasme, la vigilance s’impose.
Dans un message rendu public ce 12 septembre 2025, la Coalition pour la Récupération des Actifs Miniers et Pétroliers du Peuple Congolais (CORAC) a réagi à l’attribution de sept permis d’exploration à l’américaine KoBold Metals dans le Tanganyika et le Haut-Lomami, autour du gisement de Manono.
« Cette décision marque une avancée notable dans la diversification des partenaires miniers. Elle pourrait, après des années de blocages juridiques et de pertes économiques considérables, contribuer à débloquer le dossier du permis minier de Dathcom Mining. », souligne la CORAC.
Le rappel est cinglant : entre 150 et 210 millions USD de redevances perdues depuis 2020, l’équivalent de trois hôpitaux provinciaux modernes ou de 2.000 salles de classe jamais construites.
Pour la CORAC, l’arrivée de KoBold Metals, soutenue par des investisseurs de premier plan tels que Bill Gates Breakthrough Energy Ventures, Andreessen Horowitz et Equinor ASA, offre la possibilité de relancer la valorisation du lithium congolais.
L’étude de faisabilité de Dathcom Mining prévoit déjà 50 à 70 millions USD/an de redevances, pouvant dépasser les 100 millions USD/an en cas de hausse des volumes ou des prix mondiaux.
Mais la coalition pose cinq garde-fous : transparence des contrats, délais contraignants, contenu local, redistribution équitable et dialogue communautaire.
« Le lithium et les minerais stratégiques représentent un patrimoine vital pour l’avenir du Congo. Trop longtemps, retards et litiges ont freiné leur valorisation au détriment de millions de citoyens. », conclut la déclaration.
Des analystes contactés par zoom-éco.net estiment que l’entrée de KoBold Metals repositionne la RDC dans la guerre économique entre États-Unis et Chine. Toutefois, préviennent-ils, sans une gouvernance exemplaire, ce partenariat risque de reproduire les désillusions du passé.
Le défi, résument-ils, sera de transformer le lithium en moteur de prospérité et non en nouvelle promesse politique non tenue.
Flory MUSISWA
























