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Finance

RDC : L’encours de la dette publique évalué à 10,5 milliards USD à fin 2023

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L’encours de la dette publique de la République Démocratique du Congo (RDC) s’est établi à 10,56 milliards de dollars américains à fin 2023, selon les données du rapport annuel de la Direction Générale de la Dette Publique (DGDP).

Cette dette, en hausse de 11,14 % par rapport à 2022, représente désormais 17,81 % du produit intérieur brut (PIB), contre 16,02 % un an plus tôt.

En valeur nominale, l’encours de la dette publique est passé de 9,5 milliards USD en 2022 à 10,56 milliards USD en 2023, soit une augmentation de 1,06 milliard USD.

Cette progression est largement imputable à de nouveaux tirages extérieurs, en particulier dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) avec le Fonds monétaire international (FMI) et des financements supplémentaires de l’Association internationale de développement (IDA).

La dette extérieure continue de dominer la structure de l’endettement public congolais, avec un encours de 6,85 milliards USD, soit 64,83 % de l’ensemble. Elle est composée à 96,25 % de dettes contractées auprès de créanciers officiels, dont 78,49 % auprès des institutions multilatérales (comme le FMI, la Banque mondiale, la BAD), 19,19 % auprès de créanciers bilatéraux.

En revanche, la part de la dette extérieure contractée auprès des créanciers privés, bien que marginale, a augmenté, passant de 0,96 % en 2022 à 2,32 % en 2023.

Du côté de la dette intérieure, l’encours s’élève à 3,71 milliards USD, soit 35,17 % du total. Un audit réalisé sur les arriérés budgétaires a permis de réduire leur part à 28 % de l’encours. Le reste se répartit entre :

– 55 % de créances de la Banque centrale du Congo (BCC) sur l’État;

– 13 % correspondant aux protocoles d’accord avec certains créanciers;

– 4 % seulement représentant l’encours des titres publics émis sur le marché (Bons et Obligations du Trésor).

Malgré cette progression en volume, la RDC conserve un taux d’endettement public modéré à 17,81 % du PIB, bien en dessous du seuil d’alerte généralement fixé à 50–60 % pour les économies émergentes. Ce ratio reste l’un des plus bas d’Afrique subsaharienne, mais sa trajectoire haussière invite à la vigilance, d’autant plus que la structure de la dette reste dominée par les emprunts extérieurs multilatéraux.

La montée en puissance des financements extérieurs, dans un contexte de besoins croissants pour le développement et la stabilité macroéconomique, appelle à une gestion prudente et transparente de l’endettement public.

Le renforcement de la mobilisation des ressources internes et l’optimisation de l’usage des fonds empruntés apparaissent comme des leviers cruciaux pour préserver la soutenabilité budgétaire et la résilience économique du pays.

Mitterrand MASAMUNA

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