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RDC : la situation sécuritaire dans l’Est du pays continue d’exercer une pression considérable sur le secteur privé (Makutano)

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Le secteur privé est de plus en plus mis en mal depuis le début de l’année 2025 avec l’agression rwandaise dans la partie Est de la République Démocratique du Congo.

Le réseau d’hommes d’affaires Makutano alerte sur le fait que l’insécurité dans l’Est de la RDC continue d’exercer une pression considérable sur l’économie nationale et, plus particulièrement, sur le secteur privé.

« Au-delà du coût humain dramatique, les conséquences économiques immédiates et attendues fragilisent l’environnement des affaires, dissuadent l’investissement et freinent le développement du pays », peut-on lire dans une tribune que ce réseau a publiée.

Plusieurs secteurs touchés

Selon Makutano, plusieurs secteurs économiques sont touchés à la suite de cette pression d’insécurité liée à la reprise des activités de certains groupes armés, notamment le M23.

Primo, le secteur de l’hôtellerie-restauration et du tourisme, autour du Lac Kivu ou dans le parc des Virunga, est particulièrement touché par l’insécurité récurrente.

« L’instabilité prive la RDC de revenus touristiques potentiels et nuit à la vitalité d’un secteur pourtant créateur d’emplois et de valeur ajoutée locale », déplore Makutano.

Cette situation entraîne des conséquences très significatives, entre autres la baisse de la fréquentation.

En effet, depuis la prise de localités stratégiques et les alertes sécuritaires adressées aux voyageurs, il y a une chute drastique du nombre de touristes et de visiteurs professionnels.

Autre conséquence, c’est une perte de revenus car les hôtels, restaurants et agences de voyage subissent des pertes directes (annulations, fermetures temporaires) et indirectes (diminution de l’approvisionnement local, suppressions d’emplois). Ipso facto, les activités connexes sont mises en mal. C’est le cas du transport, commerce de détails, artisanat qui pâtissent également du recul de la demande touristique.

Secundo, dégradation des infrastructures de télécommunications.

Depuis les affrontements et l’occupation de certaines zones, il s’en est suivi la destruction ou l’impossibilité d’accéder aux antennes et équipements de télécommunications.
Une situation qui occasionne des coupures de réseau prolongées isolant les communautés et pénalisant les entreprises.

Par conséquent, un manque à gagner est observé car les opérateurs mobiles subissent une baisse de revenus liée à la réduction du trafic et la diminution des transferts d’argent, tandis que les commerçants ne peuvent plus utiliser pleinement les solutions de paiement numérique.

Tertio, la destruction d’infrastructures d’entreprises directement ciblées.

Les affrontements et l’occupation de certaines zones entraînent la destruction, le sabotage ou le pillage d’installations privées, fragilisant d’autant plus le tissu économique local.

Quarto, la réduction des IDE

L’insécurité chronique et l’instabilité politique découragent les investisseurs étrangers actifs ou potentiels, entraînant un recul et un empêchement des Investissements Directs Étrangers (IDE).

Quinto, la fuite de capitaux

Selon certaines estimations, la RDC aurait enregistré des sorties nettes de capitaux dépassant 1,2 milliard de dollars en 2022 (infos tirées de CNUCED, Akomatey, 2017; World Bank).

Sixto, la fragilisation du système financier

Le conflit a un impact direct sur la stabilité financière de la RDC et perturbe le fonctionnement d’acteurs clés au cœur de son tissu économique.

En effet, les deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu représentent une part non négligeable du secteur bancaire et de la microfinance du pays (3 à 4 % des dépôts et crédits bancaires, plus de 50 % des institutions de microfinance).

Septo, impact sur l’inclusion financière

La microfinance, très présente dans ces provinces, voit ses opérations entravées, limitant l’accès au financement pour les PME/PMI et l’économie informelle, pourtant essentielles au développement local.
Conséquence : Les conflits en cours, par leur effet négatif sur l’écosystème financier, affectent la confiance des investisseurs et dégradent par-delà l’environnement des affaires. Ils freinent la croissance endogène, alimentée notamment par l’épargne et l’entrepreneurat local.

Nadine FULA

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