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RDC : La perception de l’évolution des droits des femmes en baisse

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Le Directeur Général de Target Sarl, Serge Mumbu, a présenté ce lundi 9 mars 2026 les résultats du sondage sur l’évolution de la perception de la population concernant l’amélioration de la condition féminine en République démocratique du Congo (RDC).

En effet, cette enquête est la suite directe de celle réalisée en 2024 et vise à mesurer les changements dans les perceptions sociales concernant les droits et la place des femmes dans la société congolaise.

Le sondage a été réalisé auprès d’un échantillon de la population réparti dans huit provinces du pays : Kinshasa, Kongo Central, Kasaï Oriental, Équateur, Province Orientale, Katanga, Nord-Kivu et Sud-Kivu.

Selon Serge Mumbu, l’objectif de cette enquête était d’évaluer si les initiatives menées ces dernières années ont réellement contribué à améliorer la situation des femmes dans différents domaines de la vie sociale, économique et politique.

Les résultats de l’étude montrent une perception globalement mitigée de l’impact de la Journée du 8 mars.

« 58 % des répondants estiment que cette célébration contribue à améliorer la situation des femmes. Toutefois, la comparaison avec l’édition précédente révèle un recul notable de l’opinion positive. », précise l’enquête.

Entre 2024 et 2026, la part d’avis favorables est passée de 67 % à 57 %, soit une baisse de 10 points. Cette évolution suggère que, malgré la visibilité croissante des messages autour de l’égalité des sexes, une partie de la population perçoit moins d’améliorations concrètes dans la vie quotidienne des femmes », a souligné le Directeur Général de Target.

L’analyse selon le genre met en évidence un regard plus critique des femmes sur l’évolution de leurs droits.

En 2024, 64 % des femmes considéraient que la situation évoluait positivement. En 2026, cette proportion chute à 54 %.

Chez les hommes, la baisse est moins marquée : de 67 % en 2024 à 59 % en 2026.

Cette différence peut s’expliquer par la perception directe des réalités vécues. Les hommes semblent davantage influencés par les discours publics et les campagnes de communication autour de l’égalité, tandis que les femmes évaluent davantage les changements à partir de leur expérience quotidienne.

Pour sa part, Merveille Ingila, Data Analyst, a souligné que, pour mesurer ces perceptions, plusieurs indicateurs ont été examinés, notamment : la carrière professionnelle, l’éducation, le rôle dans le leadership, la participation politique, l’accès aux soins de santé, les droits matrimoniaux et salariaux, l’égalité salariale, l’accès aux ressources financières et aux financements, le mariage précoce ainsi que les violences faites aux femmes.

Les résultats indiquent des progrès perceptibles dans certains domaines, notamment la carrière professionnelle, l’éducation et le rôle des femmes dans le leadership.

Ces évolutions traduisent l’impact progressif des politiques d’autonomisation économique et des initiatives visant à promouvoir la participation des femmes dans les sphères décisionnelles.

En revanche, plusieurs indicateurs liés à la vie familiale et aux réalités sociales montrent une perception plus préoccupante.

Deux domaines ressortent particulièrement :
• le mariage précoce, cité par 43 % des répondants comme un problème persistant ;
• les violences faites aux femmes (physiques, émotionnelles et sexuelles), mentionnées par 40 % des répondants.

Ces résultats révèlent que, malgré les progrès institutionnels et les campagnes de sensibilisation, certaines pratiques et formes de violences continuent d’affecter la vie quotidienne de nombreuses femmes.

Des différences régionales marquées

L’étude met également en évidence des disparités régionales.

Les provinces du Sud-Kivu et du Kongo Central apparaissent plus réservées dans leurs évaluations, notamment en ce qui concerne les violences faites aux femmes et la participation politique.

Comparativement à l’étude de 2024, plusieurs provinces enregistrent un recul sensible dans les perceptions positives, notamment Kinshasa, Kongo Central et Sud-Kivu.

À l’inverse, certaines régions semblent consolider ou améliorer leurs résultats, comme la Province Orientale.

Les résultats de cette étude suggèrent la nécessité de renforcer la concrétisation des actions visant à promouvoir les droits des femmes sous toutes leurs formes.

Ils soulignent également l’importance :
• d’élargir les politiques publiques afin que les femmes de toutes les catégories sociales puissent en bénéficier ;
• de mettre un accent particulier sur l’application effective des lois existantes, notamment celles liées aux violences et aux droits dans la vie familiale.

Des initiatives déjà engagées

Dans cette dynamique, Target Sarl salue les efforts entrepris par plusieurs acteurs institutionnels et internationaux, notamment :
• le Gouvernement de la République démocratique du Congo ;
• ONU Femmes ;
• UN Global Compact.

Ces initiatives incluent notamment des programmes d’appui à l’entrepreneuriat féminin, visant à favoriser l’autonomisation économique et financière des femmes.

Une évolution encore attendue

Si la Journée internationale des droits des femmes continue de jouer un rôle important dans la sensibilisation et la mobilisation, les résultats de ce sondage rappellent que la perception de progrès dépend largement de l’impact concret des politiques dans la vie quotidienne des femmes.

Le défi pour les années à venir sera donc de transformer les engagements et les discours en changements tangibles, afin que les avancées en matière d’égalité soient non seulement visibles, mais surtout vécues par toutes les femmes.

AGNES KAYEMBE

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