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RDC : Les nouvelles règles d’exportation de cobalt entretiennent l’incertitude

La mise en place du nouveau système de quotas pour les exportations de cobalt, en vigueur depuis la mi-octobre en République Démocratique du Congo, n’a toujours pas permis la reprise effective des flux commerciaux.
Malgré la levée de l’embargo instauré en début d’année, les opérateurs restent dans l’attente de clarifications réglementaires essentielles pour relancer leurs activités.
Selon une correspondance de la Chambre des Mines citée par Reuters, les producteurs rencontrent de « sérieuses difficultés » dans l’application des nouvelles procédures.
L’organisation patronale demande ainsi une réunion avec les autorités afin d’obtenir des indications détaillées sur les modalités pratiques du mécanisme de quotas.
Le Gouvernement congolais a instauré ce dispositif après plusieurs mois de suspension des exportations, une mesure prise pour contenir un excédent sur le marché et soutenir les prix.
Le quota autorise 18.125 tonnes pour le reste de 2025, puis un plafond porté à 96.600 tonnes annuels pour 2026 et 2027. Cependant, l’absence de directives opérationnelles a gelé les expéditions, alors même que les producteurs parmi lesquels CMOC et Glencore affirment être prêts à reprendre leurs activités.
Les exigences prévues dans le nouveau cadre réglementaire suscitent des préoccupations quant à l’environnement d’investissement.
La Chambre des Mines souligne notamment l’obligation de prépayer une redevance de 10 % ainsi que la multiplication des documents requis, dont un certificat de conformité. Ces mesures, perçues comme une dérogation au Code minier, pourraient, selon elle, réduire la prévisibilité réglementaire et affecter la compétitivité du secteur.
« Toute mesure perçue comme une dérogation au Code minier, notamment le paiement anticipé des redevances, pourrait miner la confiance des opérateurs et nuire à la crédibilité internationale du Congo », indique l’organisation, appelant à une sécurisation juridique accrue pour préserver l’attractivité minière du pays.
À ce stade, les autorités congolaises n’ont pas réagi publiquement. Les grands producteurs restent également silencieux, alimentant l’incertitude sur le calendrier de redémarrage des exportations.
Cette situation intervient alors que la RDC, fournisseur de 70 % du cobalt mondial, exerce une influence déterminante sur l’équilibre du marché.
Le resserrement de l’offre consécutif à l’embargo imposé en février a contribué à une remontée spectaculaire des prix, désormais en hausse d’environ 110 % depuis le début de l’année et évalués à 52 220 USD la tonne sur la Bourse des métaux de Londres.
Olivier KAFORO






















