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TICAD 9 : la RDC en quête d’un partenariat stratégique avec le Japon

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La neuvième édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), ouverte à Yokohama, s’impose pour la République Démocratique du Congo comme une scène de négociations stratégiques.

Au-delà du rituel diplomatique, Kinshasa cherche à transformer cette rencontre en levier d’attraction de capitaux, de technologies et de savoir-faire venus du Japon.

Un agenda calibré autour de l’économie

La délégation congolaise conduite par la Première Ministre Judith Suminwa ne se présente pas comme un simple cortège protocolaire. Elle est structurée autour d’objectifs économiques précis :

Économie : Daniel Mukoko Samba vise la diversification des partenariats financiers, notamment via la JICA, avec un accent sur infrastructures, agriculture et énergie.

Commerce extérieur : Julien Paluku veut inscrire la RDC dans le circuit asiatique, en accélérant les exportations et en sécurisant des accords bilatéraux.

Énergie : Aimé Molendo Sakombi mise sur la technologie japonaise pour renforcer l’électrification rurale et verdir le mix énergétique.

Formation professionnelle : Marc Ekila cherche à combler le fossé compétences-emploi par des partenariats techniques nippons.

Entrepreneuriat et PME : Justin Kalumba plaide pour l’intégration des petites entreprises dans les chaînes de valeur mondiales grâce à des joint-ventures et transferts technologiques.

Mines : Louis Watum entend repositionner la RDC comme acteur incontournable des minerais critiques, en exigeant plus de transformation locale.

L’opportunité japonaise, un pari de long terme pour Kinshasa

Le Japon représente un partenaire rare : une économie avancée, mais encore peu impliquée en Afrique centrale.

Tokyo cherche à sécuriser ses approvisionnements en minerais stratégiques et à diversifier ses partenariats au-delà de la Chine.

La RDC, de son côté, espère capter une partie des investissements japonais évalués à plusieurs milliards de dollars pour l’Afrique d’ici 2030.

Selon un think tank africain calqué sur la diplomatie économique, cette participation congolaise à la TICAD 9 traduit une volonté d’aligner diplomatie économique et stratégie de développement. Mais, met-il en garde, la réussite dépendra moins des annonces que de la capacité de Kinshasa à structurer des projets bancables, à garantir la sécurité juridique et à bâtir une gouvernance crédible autour des ressources. Comme le résume l’un de leurs analystes : « Le Japon peut devenir un partenaire stratégique de la RDC, mais seulement si Kinshasa transforme son potentiel en propositions claires et viables. »

La TICAD 9 apparaît ainsi comme une opportunité de recalibrer les alliances économiques du pays. Reste à savoir si, au-delà des discours, la RDC parviendra à sceller des partenariats capables de modifier durablement sa trajectoire de développement.

Flory MUSISWA

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