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RDC : au 24 avril 2025, l’encours global des titres publics franchit la barre de 5.000 milliards de CDF

Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) affiche un encours global des titres publics de 5.068,0 milliards de Francs congolais (CDF) au 24 avril 2025, selon les dernières données publiées par les autorités financières.
Ce montant équivaut à plus de 1,7 milliard de dollars américains, sur la base du taux budgétaire de 2.954 CDF pour un dollar.
Ce chiffre traduit l’ampleur de l’endettement intérieur contracté à travers les émissions de Bons et Obligations du Trésor, mécanismes clés de financement du Trésor public dans un contexte marqué par les besoins croissants de liquidités pour soutenir les politiques publiques.
Cependant, les dernières opérations sur le marché primaire des titres publics ont connu des résultats mitigés.
L’adjudication du 8 avril 2025, portant notamment sur des Obligations du Trésor indexées à 1 an et 6 mois de maturité, n’a pas suscité l’engouement espéré de la part des investisseurs.
Sur un montant initialement annoncé de 70,0 milliards de Francs congolais (CDF) à un taux d’intérêt annuel de 10 %, le Trésor n’a pu enregistrer que 7,5 milliards de Francs congolais (CDF) de souscriptions, soit un taux de couverture de seulement 10,8 %.
Ce faible niveau de participation pourrait s’expliquer par une aversion au risque, des conditions de liquidité moins favorables ou encore des attentes plus élevées de rendement chez les opérateurs de marché.
En parallèle, le Gouvernement a procédé à une levée de fonds en devises.
À travers l’émission d’Obligations libellées en dollar américain, avec une maturité similaire de 1 an et 6 mois et un taux d’intérêt de 9 %, le Trésor a mobilisé 36,1 millions de dollars sur les 50,0 millions envisagés. Le taux de couverture atteint ainsi 72,3 %, un niveau nettement plus satisfaisant que celui observé pour les titres en monnaie locale.
Ces résultats contrastés illustrent les défis auxquels fait face le Gouvernement dans la gestion de sa dette publique intérieure, notamment en matière d’attractivité des titres indexés en Francs congolais (CDF) par rapport à ceux en devises. Ils mettent également en lumière les dynamiques de confiance et les arbitrages opérés par les investisseurs dans un contexte macroéconomique encore marqué par des incertitudes.
La stratégie de financement par les marchés domestiques reste un pilier de la politique budgétaire congolaise, alors que les autorités poursuivent leurs efforts de mobilisation des ressources internes pour réduire la dépendance à l’aide extérieure et soutenir les priorités nationales de développement.
Mitterrand MASAMUNA
























