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RDC : La BCC retire 135,2 milliards de CDF de liquidités via les Bons BCC

La Banque Centrale du Congo (BCC) poursuit ses interventions sur le marché monétaire afin de réguler la liquidité en circulation.
Selon sa note de conjoncture économique hebdomadaire, arrêtée au 20 mars 2026, l’Institut d’émission indique avoir ponctionné 135,2 milliards de francs congolais (CDF) grâce aux Bons BCC, soit un équivalent d’environ 60 millions de dollars américains au taux de change du marché interbancaire.
Cette opération s’inscrit dans la stratégie de politique monétaire de la BCC visant à contenir les pressions inflationnistes et à stabiliser le cadre macroéconomique, dans un contexte marqué par des fluctuations de la liquidité bancaire.
Les Bons BCC sont des titres de créance à court terme émis par la Banque centrale. Leur principe repose sur un mécanisme relativement simple : la BCC vend ces titres aux banques commerciales et autres institutions financières, lesquelles mobilisent leurs liquidités pour les acquérir. En retour, ces liquidités sont temporairement retirées de la circulation.
Ce procédé permet ainsi à la Banque centrale de réduire la masse monétaire disponible dans l’économie.
À l’échéance des Bons BCC, les montants sont remboursés aux souscripteurs avec intérêt, réinjectant de facto les fonds dans le système financier.
En ponctionnant la liquidité excédentaire, la BCC cherche à limiter les risques de surchauffe économique, notamment l’accélération de l’inflation. Une abondance de monnaie en circulation peut en effet exercer une pression à la hausse sur les prix des biens et services.
Par ailleurs, cette opération contribue indirectement à soutenir la stabilité du taux de change du franc congolais face aux devises étrangères. Une liquidité excessive en monnaie nationale peut accentuer la demande de devises, entraînant une dépréciation de la monnaie locale.
Le niveau de 135,2 milliards de CDF retirés du circuit financier traduit une volonté de la BCC de maintenir un contrôle étroit sur les équilibres monétaires. Cette intervention reflète également l’existence d’un excès de liquidité dans le système bancaire, que l’autorité monétaire s’emploie à résorber.
Toutefois, ces opérations doivent être calibrées avec prudence. Un retrait trop important de liquidités pourrait restreindre la capacité des banques à financer l’économie, notamment le crédit au secteur privé.
À travers l’émission des Bons BCC, la Banque Centrale du Congo confirme son recours aux instruments classiques de politique monétaire pour ajuster en permanence les conditions financières internes.
Cette approche vise à préserver la stabilité des prix et à soutenir la confiance dans la monnaie nationale, dans un environnement économique encore exposé à des chocs internes et externes.
Mitterrand MASAMUNA





















